René Fonck

Le héros de la Première Guerre mondiale

                                                                         

René Fonck est l'As des as français et Alliés de la Première Guerre mondiale, avec 75 victoires homologuées et 52 probables.

En tant que pilote d'observation, le 6 août 1916, aux commandes d'un Caudron G4, il force un avion de reconnaissance Rumpler C-I allemand à atterrir derrière les lignes alliées. Après cet exploit, déjà titulaire d'autres victoires, il est muté au Groupe de combat 12 ou « Groupe des cigognes », plus précisément à l'Escadrille 103. ll ne fut pas rare qu'il abatte plusieurs avions en une journée, jusqu'à six le 9 mai puis à nouveau le 26 septembre 1918. Selon ses dires et certains témoignages, il ne sera pourtant jamais touché par le feu adverse. En tant que pilote de chasse, il met peu à peu au point une technique de combat qui consistera essentiellement à surprendre l'adversaire, lui porter un coup décisif au plus près et avec un minimum de munitions, et se soustraire à sa riposte. Plus précisément, Fonck n'hésite pas à viser le pilote ennemi plutôt que son avion, ce qui conduisait, en cas de tir réussi, à la perte irréversible de l'appareil. Sa forme physique, entretenue par une bonne hygiène de vie, lui permet de supporter facilement les contraintes des longs vols en altitude et le stress du combat. Il n'aura de cesse de professer sa méthode et de former de jeunes pilotes. A ses premiers vols de chasseur solitaire, il privilégiera ensuite des dispositifs aériens avec ses camarades, dans lesquels il se taille la part du lion. Ses avions, SPAD VII, SPAD XIII et SPAD XII-canon seront toujours l'objet de tous ses soins et de ceux de ses mécaniciens, par une mise au point minutieuse et la mise en place d'améliorations techniques astucieuses (systèmes optiques, amélioration de la ventilation du moteur...).

Guynemer disparaît le 11 septembre 1917 et les Allemands annoncèrent qu'il avait été abattu par un certain Kurt Wisseman. Des études récentes tendent à prouver que le lieutenant Fonck n'est pas le vengeur de Guynemer et qu'il n'a donc pas abattu Wisseman, très probablement victime d'un pilote du Royal Flying Corps. Toutefois, ce "doute" ne remet nullement en question les qualités exceptionnelles de pilote, de tacticien et d'homme du Français, largement aidées par une condition physique (vue, endurance) et mentale (contrôle de soi) hors du commun. René Fonck termine la guerre avec tous les honneurs, arborant une croix de guerre 1914-1918 enrichie de 28 palmes et d'une étoile, la plus "chargée" à ce jour, ainsi que de nombreuses décorations étrangères.

Il fut le porte-drapeau de l'aviation française lors du défilé de la victoire le 14 juillet 1919. L'aura acquise par Guynemer du fait de sa mort au champ d'honneur explique probablement que son renom ait éclipsé celui de René Fonck, bien qu'il n'ait eu "que" 54 victoires à son actif alors que son successeur en tant qu'as des as en compta finalement 127, 75 officielles (appareils ennemis tombés dans les lignes françaises et confirmés par témoignages) et 52 non homologuées; un total faisant de lui le probable As des As de la grande guerre toutes nations confondues.

 

L'entre-deux-guerres

La politique lui tend les bras comme à son camarade Alfred Heurteaux : il représente les Vosges comme député au sein de la Chambre Bleu Horizon sous les couleurs de l'Alliance démocratique de 1919 à 1924, rédige ses mémoires intitulés Mes combats, et ses vues sur l'aviation militaire et civile sont synthétisées dans l'ouvrage L'aviation et la sécurité française. L'état-major de l'armée de l'air fait également appel à ses compétences en 1935 pour rédiger une étude de l'état de l'aviation de chasse, des méthodes d'apprentissage et des améliorations qu'il envisagerait d'y apporter. A cette occasion, Le Commandant Fonck met sur pied son concept d'"avion cavalier", aéronef rapide et bien armé, destiné à l'assaut terrestre.

Envoyé officiellement en mission sur plusieurs continents (Afrique du nord, Amérique latine, Europe centrale, États-Unis), il rejoint en 1925 un projet américain de traversée de l'Atlantique en avion. Faisant équipe avec l'ingénieur Igor Sikorsky, il prend les commandes d'un bimoteur, le S-35, pour lequel il a demandé nombre d'améliorations dont la principale est l'ajout d'un moteur. Après divers entraînements, l'équipage Fonck-Curtin-Clavier-Islamoff fait péniblement décoller le trimoteur le 21 septembre 1926. Un mauvais largage du train annexe, un terrain inégal, une charge exceptionnelle de carburant et l'avion s'écrase au décollage tuant deux membres de l'équipage. Avant qu'il ne puisse retenter la traversée sur le S-37, Lindbergh avait réalisé l'exploit et empoché le prix Orteig de 25 000$.

Sous l'Occupation

Colonel d'aviation et ancien combattant, l'As des as, fidèle à la figure historique du "Vainqueur de Verdun", et aussi parce que le Maréchal Pétain était favorable au rôle de l'aviation, entre sans fonction officielle au service du gouvernement. Toutefois, Pierre Laval aurait annoncé aux Allemands que le Colonel Fonck avait rassemblé "une escadrille de 200 pilotes", se tenant prête à attaquer la Grande Bretagne (aucune archive allemande ne le confirme). De fait très opposé à Pierre Laval, il reste "les yeux et les oreilles" de Pétain chez les Allemands, auprès desquels il a gardé ses entrées. Finalement désavoué par le Maréchal, il prend peu à peu ses distances avec Vichy. Toutefois, au mois d'août 1942, le magazine américain Life publie une liste de « traîtres » français à éliminer après la victoire des Alliés. René Fonck y figure en compagnie de Sacha Guitry et de Maurice Chevalier, parmi d'autres. Certains lui reprochent également d'avoir signé la préface d'un livre de 1941 intitulé Le sabotage de notre aviation, cause principale de notre défaite, dans lequel André Maroselli dénonce les atermoiements politiques et choix critiquables qui, selon lui, ont conduit à la défaite. Fonck déclare dans sa préface, saluant la mémoire des aviateurs français tués dans la bataille de France : «Ce qui fait défaut à la France, ce ne sont pas les aviateurs intrépides et valeureux, mais le matériel moderne dont nos aviateurs avaient besoin pour lutter et pour vaincre.»

Tombe de René Fonck à Saulcy-sur-Meurthe

Devenu également suspect aux yeux des Allemands par ses interventions au profit de résistants et son opposition à Laval, Fonck n'en sera pas moins arrêté en septembre 1944, interné à la Santé et - sur l'intervention d'Edgard Pisani - libéré seulement à la fin de l'année, sans charge à son encontre. Il a également bénéficié d'un "certificat de participation" à la Résistance, signé le 28 septembre 1948 par le Commandant Sautereau, chef du réseau Rafale, avec la mention : « Monsieur Fonck, René, membre sans uniforme des forces françaises combattantes, a participé en territoire occupé par l'ennemi, aux glorieux combats pour la libération de la patrie ». Ses actions précises, ses relations avec l'Allemagne et ses projets sont encore le sujet de recherches historiques. Il a ensuite voulu rendre compte de cette période à travers un ouvrage, inédit à ce jour : À l'ombre des étoiles.

Retiré de toute vie publique après la Libération, il se consacre à la gestion de son entreprise vosgienne "France Engrais" et meurt à 59 ans, le 18 juin 1953, à son domicile parisien de la rue du Cirque. Il était l'époux d'Irène Brillant, sociétaire de la Comédie-Française, et père de deux enfants, Edmond et Anne-Marie.

Il est inhumé le 23 juin 1953 dans le cimetière communal de Saulcy-sur-Meurthe, son village natal, en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires.

René Fonck, L’As des As, L’Homme, présenté par Corinne Micelli et Bernard Palmieri, est né en 1894 d’une famille exilée d’Alsace en 1872 pour rester française. Il grandit avec l’idée de cette "grande injustice" qui appelle à la revanche, les yeux tournés vers le ciel pour admirer les avions. En août 1914, les Allemands envahissent son village de Saulcy-sur-Meurthe et y sèment ruine et désolation : il est grand temps de réparer l’injustice ! Le petit paysan vosgien le fera dans l’aviation.

Robuste, au regard perçant bleu acier, il met sa volonté et son intelligence vive au service de ses armes. D’abord en escadrille d’armée pour le réglage d’artillerie et le harcèlement, il bombarde la plaine d’Alsace, l’Allemagne, couvre plus à l’ouest les offensives de 1915 et les combats qui suivent. Ces missions périlleuses lui valent ses premières citations. Le 6 août 1916, il force un adversaire à se poser et à se rendre. C’est sa première victoire.

Remarqué pour sa bravoure, il rejoint la chasse en avril 1917, à l’escadrille N 103, sur SPAD VII puis XIII et XII canon, du prestigieux groupe des Cigognes où oeuvrent déjà Guynemer, Heurtaux, Dorme, Deullin, rivalisant de témérité. Vite, il les égale et les dépasse. Son engagement est total et il s’y prépare en athlète. Il est féroce et sans pitié, car le combat aérien est un duel à mort : il tire de près, d’un coup, de sang froid. En 1918, à la tête d’un étonnant palmarès, il maîtrise son art, comme pilote exceptionnel, tacticien de l’air, instructeur et leader de patrouille. Il devient ce pur génie de la chasse, de renom international, ayant abattu plus de 120 appareils dont 75 homologués. Partout il triomphe, admiré et adulé.

Démobilisé en 1919, il est élu député des Vosges et participe à de nombreux meetings aériens pour rendre l’aviation accessible à tous. Les As acclamés rivalisent d’acrobaties ; les anciens ennemis se réconcilient. Goering devient son ami. Au parlement, il défend son arme, s’inquiète d’une Allemagne si puissante dans le domaine de l’air... Ses livres développent ses idées sur une armée de l’Air autonome, une aviation civile forte dans un grand ministère de l’Air. En 1924, il part aux États-unis pour optimiser la chasse de l’Air Service, et y retourne en 1926, résolu à traverser l’Atlantique. Sa tentative se solde par le crash de son Sikorsky S-35, dont il réchappe miraculeusement.

En 1936, il juge l’aviation de chasse d’un rapport accablant : pilotes mal entraînés, appareils inadaptés ! En août 1939, colonel, il est nommé inspecteur général de la chasse, puis suit le maréchal Pétain comme conseiller au ministère de l’air. Il maîtrise l’allemand et a des liens indéfectibles d’amitié avec le maréchal Goering et le général Ernst Udet, grands As allemands. Pétain l’utilise un temps, avant de le sacrifier pour raison d’État. Il agit désormais seul et utilise ses relations pour aider la Résistance. À la Libération, il est arrêté, puis fait l’objet d’une enquête approfondie sans suite, mais reste meurtri qu’on ait pu douter de son patriotisme. Le 18 juin 1953, il meurt à 59 ans d’une hémorragie cérébrale.

Voici la biographie d’un homme d’exception, agrémentée d’illustrations diverses, de cahiers photos, de planches couleur, de profils d’avions. Elle relate tous les combats d’une vie aventureuse pleine de fougue et de passion. On découvre la carrière militaire, la vie d’industriel et d’inventeur civil, aussi la famille, d’un magnifique pilote de chasse ayant fait voler très haut l’honneur et la grandeur de nos ailes. Les auteurs font justice des suspicions à son encontre au moment de la Libération, et soulignent les qualités de cœur, la fidélité en amitié, la lucidité et la loyauté, du plus grand As de l’aviation de chasse française, Paul René Fonck, désormais sorti de l’oubli.

Cette enquête historique rigoureuse et passionnante, élaborée à partir de multiples archives et témoignages, constitue un livre référence sur ce grand aviateur auquel on doit beaucoup, et qui mériterait mille fois que l’une des prochaines promotions de l’École de l’Air porte enfin son nom.

Richard Feeser

 Le Lorrain René Fonck, titulaire de 75 victoires homologuées, as des as des alliés et pour qui l'efficacité primait sur le " beau geste ".

        Contrairement à la plupart des pilotes Fonck, tireur exceptionnel, entretenait sa forme physique, ne buvait pas, ne fumait pas, ne sortait pas avec des " créatures ", réglait lui-même son moteur et ses mitrailleuses et pratiquait même, ce qui est exceptionnel pour l'époque, du Yoga Pranayama. Cela lui permettait de supporter les contraintes de l'altitude. Sa stratégie était fort simple : il montait le plus haut possible, observait, trouvait le meilleur angle et plongeait comme un aigle sur sa victime, généralement le dernier avion de la formation, qu'il abattait d'une courte rafale visant le pilote.



  Si les circonstances le permettaient il remontait vivement et abattait l'avion en tête de la formation laissant les autres totalement désemparés.
Il profitait de la panique pour prendre la fuite. L'excellent état de son avion, un Spad XIII au moteur surpuissant, qui ne prit jamais une seule balle, faisait ensuite la différence. Cette méthode lui permit un assez grand nombre de doublés, de triplés, de quadruplés. Il descendit sept avions dans la même journée, quatre le matin et trois l'après midi, le tout en moins de trois heures, établissant un record qui sera égalé mais jamais dépassé.
De retour au terrain il déclarait ses victoires, dont il tenait une comptabilité rigoureuse, et allait se coucher sans autre forme de procès. Ses mitrailleuses n'avaient généralement tiré que quelques balles. Assez déplaisant et vantard, au demeurant, il affirmait avoir descendu près de deux cents avions ennemis. Fonck suscitait le respect mais n'avait que fort peu d'amis. Il lui arrivait bien évidemment de critiquer ceux qui préféraient prendre des risques comme Guynemer qui attaquaient bien trop souvent de face.

 

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Commentaires (2)

2. beudjull Le 12/12/2008 à 02:05

Lien vers le site web de beudjull
Erreur corrigée merci beaucoup.
beudjullSmiley

1. Christian-René FONCK Le 12/12/2008 à 01:27

La photo quio a été placé sur ce site n'est pas celle de mon parent René FONCK mais d'un pilote allemand surnommé "le René Fonck de la WWII"

Christian-René FONCK
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Dernière mise à jour de cette page le 11/01/2009