Charles Nungesser .

                                                   Nungesser Charles

 

L'as de la Première Guerre mondiale

Nungesser part en Amérique du Sud à quinze ans, où il connaît nombre d'aventures et pratique différents métiers (cow-boy, boxeur, pilote de courses automobiles). Il découvre également l'aviation naissante, et commence à piloter.

Revenu en France avant la déclaration de guerre, il s'engage au 2e régiment de hussards, où il obtient la médaille militaire après dix jours de combat. Il réussit en effet, après avoir passé seul les lignes ennemies, à capturer une voiture Mors et à tuer les quatre officiers prussiens qui s'y trouvaient, puis à ramener la voiture au Quartier Général de sa division avec des plans trouvés sur les officiers prussiens. Son général le surnomme le hussard de la Mors en référence à cet exploit, et l'autorise à passer dans l'aviation.

Il intègre l'escadrille VB 106 à Dunkerque, dans laquelle il pilote un bombardier Voisin X et accomplit 53 missions de bombardement. Mais il s'en sert aussi à l'occasion pour faire la chasse des avions qu'il croise : le 30 juillet 1915, il abat un Albatros allemand au cours d'un vol d'essai, ce qui lui vaut la Croix de Guerre, et une mutation dans l'escadrille de chasse N 65 (équipée de Nieuport Bébé) basée à Nancy. Il réalise plusieurs patrouilles de chasse qu'il termine par des acrobaties au-dessus de son terrain, ce qui lui vaut huit jours d'arrêts. Sa punition sera toutefois levée en abattant sa deuxième victoire, un biplace Albatros le 28 novembre 1915.

En février 1916, il est très grièvement blessé en essayant un prototype d'avion de chasse de type Ponnier, en s'écrasant au décollage. Le manche à balai lui traverse le palais, et il a la mâchoire fracassée, les deux jambes brisées. Il sort sur des béquilles de l'hôpital le 28 mars, refuse sa réforme, et retourne à son escadrille. Il doit se faire porter et extraire de son avion pour pouvoir combattre.

Le Nieuport 17 de Nungesser

Il participe alors à la Bataille de Verdun et y remporte 10 victoires jusqu'au 22 juillet 1916, avant de survoler le front de la Somme. C'est là qu'il fait peindre sans doute pour la première fois son insigne personnel sur son Nieuport 17 : une tête de mort aux tibias entrecroisés, surmontée par un cercueil entouré de deux chandeliers, le tout dessiné dans un cœur noir. Il remportera neuf autres victoires homologuées sur la Somme jusqu'à la fin de l'année 1916, portant son total à 21, avec notamment un "triplé" le 26 septembre.

Mais son état de santé est très précaire depuis son accident de février 1916, auquel se rajoutent diverses blessures en combat. Il doit repartir à l'hôpital et ne parvient à s'en "échapper" qu'après avoir négocié un accord avec ses médecins et l'état major : il devra retourner à l'hôpital après chacun de ses vols pour y suivre son traitement. C'est ainsi qu'il est détaché à l'escadrille VB 116, une escadrille de bombardement, qu'il rejoint avec son chasseur Nieuport à Dunkerque au mois de mai 1917. Cette escadrille a la particularité d'être à côté d'un hôpital. Il remportera 9 autres victoires jusqu'à la fin de l'année 1917.

Son état de santé s'améliorant, il peut rejoindre son escadrille, la N 65. Mais à peine est-il de retour qu'il est victime d'un grave accident de voiture en octobre 1917 dans lequel périt son fidèle mécanicien Roger Pochon, qui était au volant. Nungesser retourne à l'hôpital. Jusqu'à la fin de la guerre, malgré ses lourds handicaps physiques, il va continuer d'accumuler les succès, mais se fera dépasser par René Fonck en nombre de victoires.

Le 15 août 1918, il abat plusieurs Drachens et remporte sa 43ème victoire homologuée (la dernière).

Le pilote de l'après-guerre

Sur proposition du sous-secrétaire d'État à l'Aéronautique, Nungesser monte une école de pilotage à Orly dans laquelle l'aviatrice Hélène Boucher fera ses premiers vols. Mais l'école fait faillite. Il part alors en tournée exhibition (55 représentations aux États-Unis) où il reconstitue ses principaux combats.

La traversée de l'Atlantique

En 1927, dévoré par le besoin de se surpasser, Nungesser forme avec François Coli le projet de franchir l'Atlantique nord, sans même s'inscrire au Prix Orteig offert à qui réalisera l'exploit le premier.

 Article détaillé : L'Oiseau Blanc.

Décorations

  • Médaille militaire
  • Légion d'honneur (officier)
  • Croix de Guerre avec vingt-huit palmes et deux étoiles
  • Military Cross (Royaume-Uni)
  • Ordre de Léopold et la Croix de Guerre belges,
  • Distinguished Service Cross (États-Unis)
  • Croix de Michel le Brave (Roumanie)
  • Croix de la Bravoure (Serbie).
  • Ordre de Danilo Ier, chevalier (Monténégro)
  • Ordre de Karageorges, chevalier avec glaives (Serbie)

Postérité

Outre les nombreuses écoles et rues qui portent son nom, associé le plus souvent à celui de François Coli, Nungesser a reçu un hommage de deux aviateurs français : Dieudonné Costes et Joseph Le Brix nommèrent en effet le Bréguet 19 GR avec lequel ils réalisèrent leur tour du monde en 39 étapes (57 000 km) le Nungesser et Coli.

A Valenciennes, sa ville natale, le club de football évolue dans le stade qui porte son nom.

Il est à noter que Nungesser vécut à Saint-Mandé dans ce qui est aujourd'hui la rue Guynemer, du nom d'un autre as de l'aviation française.

 

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Dernière mise à jour de cette page le 10/01/2009