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Ils utilisent surtout des instruments de percussion, dont la sanpula (ou sambula), un grand tambour à deux membranes muni d’une corde de timbre, et que l’on joue avec une petite mailloche. Ils ont aussi deux sortes de maracas de danse appelées kalawasi (ou kalawashi) et malaka.

 

                                 « Nous sommes là pour parler d’égal à égal… »

 Alexis Tiouka, représentant kali'na de la FOAG (Fédération des Organisations Amérindiennes de Guyane)

 

 Entretien réalisé par Irène Bellier et Gérard collomb

Depuis plusieurs années vous militez en faveur de la reconnaissance des droits des peuples autochtones en Guyane. Pouvez-vous nous préciser de quelle manière se déroule le combat que vous menez à Genève ?

En 1995, la FOAG a souhaité prendre place sur la scène internationale car jusqu’à présent les revendications des peuples autochtones de Guyane n’étaient pas prises au sérieux, l’Etat français n’avait jamais répondu aux demandes répétées de ces peuples pour une reconnaissance de leurs droits. La FOAG voulait donc ainsi, en allant négocier au niveau d’une instance supérieure, et en occupant une place que les Nations Unies accordent aux peuples autochtones, avoir plus de poids afin de dénoncer l’immobilisme de l’Etat français, car le droit international est censé primer sur le droit national. J’ai donc été mandaté, avec d’autres membres du bureau de la FOAG, pour faire partie du Groupe de travail sur les populations autochtones des Nations Unies du Groupe de travail pour la création d’une instance permanente sur les questions des peuples autochtones, et je participe au Groupe de travail intersessions sur le projet de déclaration des droits des peuples autochtones.



 

Comment les peuples autochtones sont-ils organisés régionalement ? Et cette organisation influence-t-elle la manière dont ils débattent des problèmes qui sont les leurs ?

On distingue trois zones au sein desquelles sont regroupés les différents peuples autochtones du monde. La première zone comprend les organisations d’Amérique du Nord, du Canada et du Groenland. La seconde concerne les organisations d’Amérique du Sud et d’Amérique Centrale. Quant à la troisième elle regroupe les organisations d’Asie, d’Afrique et d’Océanie. Les peuples autochtones de Guyane sont donc insérés dans les organisations de la seconde zone. Les différents peuples autochtones se réunissent parfois avec les peuples qui sont géographiquement situés dans la même zone qu’eux, il est important qu’ils trouvent des consensus par zone afin d’avoir plus de poids lors des discussions.

Comme nous ne disposons pas d'un secrétariat pour nous aider à faire la synthèse des diverses propositions émanant des représentants des peuples autochtones, c'est le secrétariat de l’ONU qui se charge de ce travail, et qui prend met également au point l’agenda, après une discussion avec les représentants. En raison de leur puissance et de leur nombre, les organisations des peuples autochtones d’Amérique du Nord et du Canada parviennent à avoir une influence certaine dans tout ce processus.

 

Comment peut-on être accrédité ?

Afin d’être introduit dans ces différentes instances, la F.O.A.G a dû respecter un certain nombre de procédures, pour lesquelles nous avons été aidés par un représentant Innu qui était lui-même juriste. L’agrément pour la participation au Groupe de travail sur le projet de déclaration nécessite le dépôt d’un formulaire au secrétariat des droits de l’homme de l’ONU, ce qui a été fait en 1997.

Par la suite, l’ONU demande à l’Etat membre concerné de vérifier l’activité de l’organisation autochtone et c’est alors au niveau national que l’accréditation est validée. En Guyane, le préfet a été saisi de l’affaire et a fait procéder à une enquête auprès de l’ancien président de la F.O.A.G. afin de préciser les objectifs de notre organisation. Il a été nécessaire alors d’argumenter pour justifier notre demande.

Mais si un Etat ne veut pas accréditer une organisation autochtone, celle-ci a toujours la possibilité de passer par une autre organisation déjà accréditée. Ainsi, par exemple, en octobre 1998, alors que le Projet de déclaration sur les droits des peuples autochtones était mis en discussion, nous n’avions toujours pas obtenu l’accréditation (il faut compter un délai d’un an avant son obtention) et les représentants de la F.O.A.G. n’ont pas pu participer aux débats pendant les trois premiers jours : « Pas de badge, pas d’entrée : Tout est contrôlé dans l’enceinte de l’ONU ». La F.O.A.G. n’était pas la seule organisation dans ce cas, à cette époque, dix organisations attendaient leur accréditation. Ce nombre a permis de faire pression et les organisations déjà accréditées d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud ont appuyé nos demandes pour que l’on soit accrédités sur place par le Président de séance, après discussion avec les Etats membres. Mais la France n’a pas été facile à convaincre !

La F.O.A.G. est donc aujourd’hui accréditée à l’ONU. Mais lors de la participation à d’autres réunions internationales (comme par exemple la Convention sur la biodiversité à Madrid en 1998 et à Nairobi en 2000), les membres de la F.O.A.G. interviennent en tant que représentants de la COICA (Coordinadora de las Organizaciones Indigenas de la Cuenca Amazónica) qui regroupe une dizaine d’organisations indigènes d’Amérique du Sud – ce qui permet l’obtention de fonds sans lesquels les déplacements seraient rendus difficiles.

 

Dans quelle langue se mènent les discussions ?

Les discussions au niveau des trois groupes de travail ont lieu essentiellement dans les trois langues officielles, l’anglais, l’espagnol et le français avec l’aide d’interprètes. Mais le plus souvent c’est l’anglais qui est la langue dominante. Toutefois, lorsque des discussions ont lieu entre des représentants de peuples autochtones il n’y a pas de traducteur officiel (ils sont là lors des débats officiels mais pas lors des discussions informelles). Cela a posé quelques problèmes d'organisation au départ, mais aujourd’hui les peuples autochtones se sont organisés et certains d’entre eux qui maîtrisent diverses langues jouent ce rôle pour les autres.

Certains représentants amérindiens ont choisi d’ouvrir leurs discours par une adresse dans leur langue propre. Mais la FOAG a fait le choix d’utiliser les langues européennes, car ses représentants considèrent qu’ils sont là en tant que peuples autochtones, et qu’ils n’est donc pas nécessaire de se justifier. Nous sommes là pour parler d’égal à égal, nous n'avons donc pas besoin de mettre en valeur notre identité autochtone puisqu’elle est clairement perçue par tout le monde.

Comment est-il possible, dans le cadre de ces réunions aux Nations Unies, de représenter à la fois la France et un peuple autochtone qui   exprime des revendications envers l'Etat français ?

L’appartenance à un Etat, sous la forme d’une citoyenneté, et l’appartenance à un peuple autochtone pose en effet parfois des problèmes. Par exemple, à la Conférence de Nairobi, la FOAG était représentée par J.A. Charles, un responsable kali’na, mais il appartenait aussi à la délégation française. Ce qui posait des problèmes tant pour lui - comment se positionner par rapport à des problèmes spécifiques - que pour ses interlocuteurs, qui ne savaient pas comment le situer.

Pour dépasser ces contradictions, les Nations Unies et la CNUD ont proposé de nommer des experts autochtones. L’Etat français commence à envisager d’intégrer des leaders autochtones dans la délégation française, mais nous devrons à l'avenir nous méfier des risques de récupération ! Il y a eu des précédents, par exemple les autochtones guatémaltèques qui étaient très revendicatifs et très actifs, et à qui on a offert des postes d’observateurs pour la paix au Guatemala, le résultat étant qu’ils ne se battent quasiment plus pour la cause autochtone. La reconnaissance peut aussi parfois cacher un piège, un moyen de récupérer les gens qui sont les plus dangereux ou les plus actifs…

 

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Date de dernière mise à jour : 03/11/2011

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