Ville de Groixvideo buzz

La marque du bambou (extrait n°2).

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Cet événement m’a permis de faire quelques pas et la circulation sanguine se rétablie tant bien que mal dans mes pauvres artères. La surveillance s’est relâchée, les gardes sont très troublés par les deux morts et le désorbité.

Les corps sont évacués et les traces du carnage sont vaguement nettoyées. Tout cela est angoissant...

L’ambiance de ce couloir est celle qui peut régner dans une chambre mortuaire, mais de surcroît, elle est accompagnée par l’odeur et par la vue du sang. Nous pataugeons dans l’hémoglobine et nos pieds sont recouverts d’une croûte noir et visqueuse à l’odeur putride.

Abdul est silencieux. La charia ? Il s’en fout... L’animale ? Il s’en fout... Les macchabées ? Il s’en fout... Le fouet ? Il s’en fout... Al-Wathba ? Il s’en fout... Abdul se fout de tout !! Le regard éclaté, il est dans le Rub al-Khali et il marche sur le sable blanc et chaud en compagnie de sa belle défunte et d’un petit garçon qu’ils tiennent par la main.  Tous trois portent sous l’aisselle un holster de cuir beige qui laisse apparaître l’ivoire et le chrome froid d’un Colt 45. Il se tient droit, déterminé sur le chemin de la vengeance, et il veut ramander les pièces de sa vie que la justice à déchirée.

 Le jour est levé depuis longtemps lorsque la chiourme commence à s’agiter. Les matons rangent leurs tasses de thé, réajustent leur uniformes... Il y a beaucoup de mouvement en un rien de temps... Puis les voici tous au garde à vous. Un ordre autoritaire du gardien chef et le préposé à l’ouverture de la porte fait son office. Deux tours de clé dans la sérrure bien huilée et l’arène apparaît... Eclatante de lumière... En son centre, frappé par les rayons orangés d’un soleil montant, j’identifie grâce à son Hora maléfique, Cheikh Khalifa bin Brahim, procureur.

Le directeur d’Al-Wathba est à sa droite, vêtu à l’européenne, tous les deux ont le faciès décomposé par les évènements de la nuit; le bourreau, Tarik Walédji, test la flexibilité de ses verges de bambou en frappant dans le vide...

Cela produit un sifflement glacial.

Il doit choisir trois fouets pour chacun des sentenciés. Trois verges pour donner cent vingt coups, quarante coups pour chaque verge. Son regard est froid, mais je n’y décèle pas de haine, je n’y vois qu’une radicale détermination à nous faire souffrir. Il a de la mousse de bave blanche à la commissure des lèvres et ses yeux rouges injectés de sang laissent apparaître une pupille contractée. Cela est un signe évident que pour faire son travail répugnant, il se gave d’amphétamines et qu’il est complètement défoncé.

Ce maître des basses besognes se tient devant un lit de bois dont le sommier est remplacé par une planche ou deux trous on été pratiqués pour que l’on puisse y introduire les bras du supplicié. Du bout de son fouet il désigne le lit et ordonne aux gardes de libérer Abdul de ses chaînes puis il lui ôte ses vêtements et allongent mon copain sur le ventre, les bras passés dans les orifices. Enfin, ils lui remettent les menottes en passant par dessous.

L’exécuteur des hautes œuvres attend ensuite l’approbation du directeur. Quand celle-ci lui est donnée par un simple signe de la main, il déclare d’une voie monocorde.

 - Par celui qui détient mon âme, je vais juger entre vous selon le livre d'Allah.

Il place alors le Coran sous l’aisselle du bras avec lequel il va frapper (en l’occurrence le bras droit) car le protocole exige que: 

Si au cours de son office le livre Saint vint à tomber, la victime est graciée et le bourreau doit immédiatement cesser le châtiment envers le supplicié.

Je me dis à moi-même, concernant ce système religieux aux relents féodaux.

- Ils sont contre le porc, l’alcool, la femme le plaisir et l’amour... Mais pour le voile, le fouet, la burka et la torture.

 Les coups commencent alors à pleuvoir. Ils sont donnés par rafales de dix, très rapidement. La victime est frappée sur la partie du corps situé du haut des reins, jusqu’aux bas des talons. Ceci parce que si on lui donne les coups toujours aux mêmes endroits cela finit par anesthésier la douleur.

Un vilain barbu compte les coups en Arabe.

Au vingt-cinquième coup, le bambou éclate et se transforme en un bouquet de lames qui découpent les chaires. Au quarantième coup, les reins, les cuisses, les mollets, les chevilles, les talons d’Abdul, sont en sang.

Tarik Walédji s'arrête et change de baguette; il affiche un air contrarié... Si toutes les baguettes s’effilochent aux vingt-cinquièmes coups, cela va être un carnage; il va dépecer sa victime et certainement le tuer après un choc hypovolemic. Bien que sa victime a l’air costaud, il vaut mieux qu'il leve le pied. Qu'il frappe un peu moins fort...

Puis les séries de dix reprennent. Abdul ne bronche pas. Au quatre-vingtième coup, la seconde baguette n’a toujours pas éclatée.

Les yeux malveillants du procureur s’accrochent au regard du bourreau, ce qui le contrarie encore. Cette fois le bourreau n’a pas frappé suffisamment fort. Il doit frapper plus fort !.. Dans un souci d’ordre professionnel, le bourreau présente son visage balafré devant la face d’Abdul. Il examine la pâleur terne de sa victime et interroge les yeux dépolies du supplicié qui ne reflètent qu’a peine quelques lueurs de vie. Dans un sursaut, Abdul lui crache sa haine à la figure.

 - "Enculé !!"

Tarik s’essuie...

Il recale le Coran sous son aisselle droite et change une dernière fois sa baguette de bambou. Cette fois il frappe fort... Très fort.

Le bambou éclate au centième coup. Dès lors, des filaments de peau voltigent dans tous les sens, certains se collant au visage hideux de l’exécuteur en transe. Le procureur se délecte du spectacle et une étincelle de plaisir brille dans ses prunelles glauques. Saoulé par le spectacle répugnant, dégoulinant de sueur, les nerfs sur tendus et le cœur battant à tout rompre, j’observe mon ami... Au cent vingtième coup, le corps d’Abdul est devenu une plaie sanguinolente secouée de spasmes et de convulsions d’ou il ne s’échappe aucune plainte.

Son travail terminé, le bourreau se lave les mains dans une bassine de cuivre remplie d’eau à ras bord, puis il s’éponge la figure. Des gouttelettes de sang et des rubans de peau roulent sur le torchon. Avant qu’on ne détache Abdul, le directeur clame d’un ton solennel.

 - Ô serviteurs, vous qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés.

Puis ils lui enlèvent les menottes et le font basculer jusqu’a terre en tirant sur ses bras.

Abdul ouvre les yeux, mais ne voit pas le ciel...

Ses lèvres sont entrouvertes, mais aucun mot ne sort de sa bouche.
Mon ami est incapable à lui seul de se relever et je lui demande de ne pas bouger. Je vois toute sa détresse dans son regard posé sur moi. En baissant les yeux, je vois aussi cette énorme plaie qui recouvre son corps. Il est peut-être en train de partir, entraîné par tout le tremblement de son être déchiré. Ses yeux révulsés fixent un visage de femme dont les cheveux sont agités par une brise bouillante et qui se mêlent au sable doré des dunes du désert.

Là-haut, tout au dessus de lui, il sent monter la douleur dans toute son âme, une douleur effrayante, insupportable. Il ne peut résister, il se laisse aller, les yeux voilés, sans savoir s’il s’enfonce dans le sable ou s’il s’élève vers les nuages. Il quitte enfin Al-Wathba. Il s’en va... Loin...


On m’enlève les menottes.

J’ôte ma vareuse ainsi que mon pantalon. On me couche sur le lit, le ventre contre la planche rougie du sang de mon ami.

Tarik Walédji s’approche avec trois verges neuves.

 - Par celui qui détient mon âme, je vais juger entre vous selon le livre d'Allah.

Les pages du Coran son collés par le sang...

 

 

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Commentaires (2)

1. Miss benhal 06/02/2011

trop bien!!!!On ressent le vécu !! d'autres extraits s'il te plait....

2. kaliq Moufid 24/02/2011

C'est exactement comme ça.
Merci de le faire savoir.

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Date de dernière mise à jour : 03/10/2013

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