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Jungle (extrait n°2).

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La crue est arrivée jusqu’au bas du talus, elle poursuit le gamin comme une malédiction, il faut donc qu’il reprenne sa marche interminable pour mettre de la distance entre le fleuve et lui. Le sol lui colle aux pieds et la boue alourdit ses chaussures ce qui gêne sa progression vers les terres inconnues.

Par bonheur, le tapis forestier est bien plus clairsemé qu’il ne l’était la veille, ce qui rend son avance beaucoup moins éreintante. Sur ce genre de terrain, la machette ne lui est plus utile, si ce n’est pour cueillir des fruits dont il fait provision ou extraire de la terre les racines des plantes aux vertus bienfaitrices. En début d’après midi la pluie s’arrête enfin.

La chance est avec lui, a l'écart d'un talus, il découvre un arbre à encens auquel il prélève une grosse branche qu’il brûlera ce soir. Et c'est chargé comme un baudet que Lillian crapahute inlassablement dans l’espoir de trouver un endroit acceptable pour y dresser son camp. Quelques ruisseaux murmurent dans les rares ombrages de la forêt obscure et il marche sur un tapis de mousses qui couvrent moelleusement le sol.

Vers quinze heures, il arrive au sommet d’une colline surplombant la forêt et pénètre dans une prairie verdoyante au centre d’une voûte constituée de tecks, d’épernas géants, de superbes bois de rose et de ficus étrangleurs qui se relient entre eux par un inextricable réseau de lianes. L’endroit est irréel, magnifique, et serein. Lillian va avoir le temps d’y construire une belle cabane, pour cela il choisi un endroit à l’abris sous un grand copaïba.

Sans même se reposer, il pratique plusieurs saignées à l’aide de la machette sur le tronc du grand arbre.

Doucement... Tout doucement de la sève s’en écoule, remplissant une cuvette de feuilles qu’il à posé dessous. Au pied de la colline, à côté d’un bosquet ou poussent des bambous, un vieille arbre couché au travers d’un ruisseau lui fournit tout le bois dont il aura besoin. Quelques coups de machettes dans le champ de bambou, et voilà les portants qu’il monte comme un tepee au pied du copaïba. Avec sa dernière torche il brûle l’herbe rase pour en chasser les tiques, puis il recouvre la structure de bambou d’une double couche de palmes tressée rapidement. Il termine son ouvrage en déposant des feuilles à même le sol brûlé. Sa cabane est fin prête pour y passer la nuit quant arrive le crépuscule qui emporte avec lui un vol d’ibis rouge sur fond de gros nuages et de soleil couchant.

Au loin, un hurlement puissant signal que Bocuse vient de se réveiller. Lillian allume un gigantesque feu, à grands jaillissements d’étincelles les flammes dévorent les branches mortes et diffuse l’auréole d’une douce lumière, qui encercle son camp et qui le réconforte.  De temps en temps, il jette sur la braise des bûchettes d’encens dont la fumée à l’odeur d’église, éloigne les insectes qui voudraient le piquer. Ensuite, il mange ses dernières provisions, se déshabille et étale ses vêtements pour les mettre à sécher. Puis, tout nue sous les étoiles, il recueille à pleine main la sève du copaïba et en recouvre son corps meurtri par les piqûres de tiques et toutes les éruptions qu’engendre la chimio. Lillian est maigre, la lueur du feu fait ressortir le dessin de ses côtes, et le petit à honte de son physique ingrat. Honte de ses membres squelettiques, honte de son crâne sans cheveux, honte de son bassin osseux, honte que son corps tout entier appel à la pitié.

Lorsqu’il à terminé, que la sève à séchée et qu’elle ne colle plus, il ramasse ses vêtements et entre dans sa cabane ou il s’allonge sur son matelas de feuilles. Puis, à l’abri du regards de la forêt sauvage, il se met à pleurer.

Cela fait maintenant deux semaines que l’avion s’est abîmé, et toujours aucun signe d’un éventuel secours. Lillian veille du haut de la colline mais aucun hélicoptère ne bourdonne dans le ciel, aucun feu ne scintille dans le noir de la nuit, aucune fumée ne s’élève dans la clarté du jour, aucune indication qui pourrait  signalée que quelqu’un le recherche.

Plusieurs jours on passés quand, pour échapper au harcèlement permanent des milliers de fourmis, Lillian à dû construire une nouvelle cabane sur les plus grosses branches du copaïba. Située à cinq mètres de hauteur, il y accède par une échelle qu’il remonte la nuit. Cela lui évite aussi la visite du grage petit carreaux, ce serpent venimeux qui pullule autour de la prairie.

Sa nouvelle maison est faite de bambou et elle est bien plus confortable. Il l’en à équipé d’un lit, d’une table et de deux chaises dont l’une est réservée à l’usage exclusif de son nouvel ami, car le singe et sa famille l’ont suivit pour élire domicile au sommet du grand arbre. Lillian attend que la crue se retire et que le fleuve retourne dans le creux de son lit pour en suivre le cour. Cela le mènera aux restes de l’épave et qui sait ?.. Peut-être même aux équipes de secours.

Chaque matin, avant que le soleil n’entame sa circonvolution sur le toit de la jungle, Bocuse le réveil et il n’est pas question de faire la grasse matinée. Ils se remplissent le ventre de feuilles de graviola, de papayes bien mures et de lait de coco. Puis, comme des amis qu’ils sont, ils partent en forêt faire de longues promenades. Lillian empreinte des passages ou les herbes se courbe sous la caresse du vent et sème dans l’espace des parfums innombrables. Parfois s’élève une colline, parfois se creuse une combe, parfois ce sont des mares erratiques qu’il lui faut contourner. Le singe l’accompagne sautant de branche en branche, passant d’un arbre à l’autre en hurlant de bonheur. Quelquefois il descend jusqu’a terre pour dénicher les larves, les feuilles, les racines et les fruits dont Lillian se régale. Souvent ils grimpent ensemble à la cime des arbres, au dessus des nuages qui recouvrent la jungle.

Et quand il est debout sur la plus haute branche, quand le soleil le baigne de rayons lumineux et qu’il parait flotter sur les nuées de brume, Lillian n’a pas à relever les yeux pour regarder le ciel... Car il est dans le ciel.

Il tire sur ses bras pour toucher le soleil et de toute la force de son corps malade, il cri à perdre haleine. Alors à l’unissons et dans un même écho, le singe hurle à son tour, mais bien plus fort encore. Et ce duo magnifique résonne sur la jungle, annonçant par leurs cris qu’ils sont devenus frères.

Dans ces moments de grâce, le petit n’est pas beau... Il est plus que cela.

Il flotte sur la forêt comme peut le faire un Dieu... Et il est merveilleux.

 

Lillian continue à s’enduire quotidiennement le corps avec la sève du grand copaïba et ce traitement lui fait le plus grand bien. Cela sèche sa dermatose et ses nombreux prurits ont presque disparus. En cette fin de Juillet, la saison de la pluie s’étire sur sa fin et il ne pleut presque plus. Alors chaque matin avant la promenade, afin de se débarrasser de la croûte de sève qui lui colle à la peau, il descend au ruisseau se baigner dans une cuvette rocheuse située non loin du vieille arbre couché qu’il utilise comme pont entre les deux rivages. L’eau est maintenant limpide, mais il à dû en dégagé tout un fouillis de troncs en décomposition, de branches, de lianes et de feuilles ou fourmillaient des milliers de moustiques, de larves et autres libellules.

Un jour, alerté par le barrissement d’un tapir en détresse, il courut à la berge... Réfugier derrière un eugenias il y aperçu le plus puissant, le plus gros, le plus fort et le plus effroyable de tous les prédateurs. Le maître de ces lieux, silencieux et mauvais, le prince des démons à l’étreinte mortelle et aux yeux malveillants, celui qui règne comme seigneur sur l’eau et le rivage. Un monstre de dix mètres que le caïman noir et le jaguar eux-mêmes évitent de rencontrer. Un ogre belliqueux dont le nom à lui seul fait frémir la jungle toute entière...

Celui au caractère méchant que les indiens appellent yucamama, ou "le guerrier de l’onde" mais que nous, occidentaux, nommons le grand anaconda.

Les anneaux du serpent, puissants comme des étaux, enserraient le tapir dont Lillian entendait tous les os craquer. Le pauvre pachyderme ne barrit pas longtemps, son agonie fût courte, le coeur et les poumons broyés, transpercés par ses côtes que le reptile géant à réduit en bouillie. Puis le monstre titanesque déboîta sa mâchoire, et lentement, commençant par la trompe, il engloutit les cents livres de viande qu’il alla digérer à l’ombre d’un bosquet.

Des lors, Lillian ne se sépara plus jamais de l’arc et de ses flèches, car il à bien compris que le fauve sans pitié peut être très patient. Le colosse peut veiller dans sa tanière humide pendant plusieurs journées ou voir plusieurs semaines en épiant la victime dont il veut se repaître. Apprenant à connaître ses moindres habitudes, savoir ou elle vient s’abreuver, à quel endroit et quand, elle aime se baigner. Le monstrueux reptile laisse le temps passer, n’attendant que l’instant idéale et le moment propice pour lancer son attaque, qui toujours est fatale et rarement échoue.

Pourtant ce monde est merveilleux. Les arbres y poussent sous l’eau, dans l’eau, sur l’eau comme jamais aucun arbre n’a poussé dans aucune forêt. Le kapokier que les indiens appellent l’arbre de Dieu parce que sa taille gigantesque frise par le bout de sa cime, la porte de l’Éden. D’ailleurs, les belles orchidées dont les pétales précieuses ressemblant très souvent à d’étranges animaux, s’en servent pour monter jusqu’a la canopée, se nourrir du soleil.

Et l'arbre cathédrale, merveille de la nature digne des plus grands orchestres et des plus beaux tableaux. Colossale instrument martelé par le môme qui frappe sur son tronc comme on frappe un tambour et dont la gamme des sons résonne dans la jungle plus fort que ne saurait le faire, le plus grand des djembés.

Et puis la terre, la mère de toutes choses, splendide mosaïque sur fond de couleur pourpre ou s’étalent des fougères aux formes magnifiques. Bégonias à la couleur variée. Arums comme des calices débordant de rosé. Caladiums au délicat parfum. Philodendrons dont le feuillage glacé montent vers la lumière. Champignons, moisissure éclatante de couleurs merveilleuses, rouge, orange, beige, rosé. Et toutes ces plantes entre elles se battent pour survivre, tous ces arbres et tous ces animaux dans une lutte implacable, bataillent pour grandir, pour une place au soleil, pour pouvoir exister.

 

 

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Commentaires (1)

1. Miss benhal 06/02/2011

Formidable description de mère nature!!on entend les bruits et on sent les odeurs de la jungle. Que va t' il arriver à Lilian. suspense haletant....

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Date de dernière mise à jour : 07/11/2011

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