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Biographie, Thatcher Margaret. (La dame de fer).

       "Un jour où l'on est très satisfait de soi est un jour où l'on n'a pas été paresseux."
 
                                     Citations de Margaret Thatcher.

Margaret Thatcher (née Margaret Hilda Roberts le 13 octobre 1925 à Grantham), baronne Thatcher, LG, OM, PC, FRS, est une femme politique britannique. Elle fut la première et unique femme présidente du Parti conservateur, de 1975 à 1990 et également la seule femme Premier ministre du Royaume-Uni, de 1979 à 1990, ainsi que la première femme Premier ministre en Europe. Margaret Thatcher arriva au pouvoir dans une situation d'instabilité relative et absolue, elle redressa l'économie au prix de réformes radicales. Elle a effectué le plus long mandat, sans interruption, de Premier ministre au Royaume-Uni depuis le début du XIXe siècle.

Attachée à ses convictions chrétiennes, conservatrices et libérales, invoquant la souveraineté britannique, la protection de l'intérêt de ses administrés et les principes de droit, elle mena une politique étrangère marquée par l'opposition à l'URSS, la promotion de l'atlantisme, la guerre des Malouines en 1982 ou la promotion d'une Europe libre-échangiste au sein de l'Union européenne. Sa politique économique, fortement influencée par les idées libérales, fut marquée par d'importantes privatisations, par la baisse de la pression fiscale, la maîtrise de l'inflation et du déficit et la fermeté face aux syndicats.

Assurément l'une des figures politiques britanniques les plus importantes de l'histoire politique récente, c'est aussi l'une des plus admirées comme l'une des plus détestées. Le surnom de « Dame de Fer » que le journal soviétique L’Étoile rouge, organe de l'armée soviétique, lui décerna en janvier 1976 dans le but de stigmatiser son anticommunisme devint rapidement au contraire un atout politique, symbolisant sa fermeté face aux grévistes de la faim de l'IRA en 1981 ou aux mineurs grévistes en 1984-1985. Elle reste associée à la « révolution conservatrice » des années 1980 et à l'« ère de révolution » idéologique qu'elle lança.

 

                                     Jeunesse et débuts :

Margaret Thatcher naît le 13 octobre 1925 à Grantham en Angleterre. Elle est issue des classes moyennes voire d'un milieu modeste, d'une famille méthodiste; sa mère s'appelait Beatrice Stephenson et son père Alfred Roberts (1892 – 1970). Membre du parti conservateur local, il était à l'origine un petit épicier de quartier qui va s'élever par le travail et par l'épargne jusqu'à devenir brièvement maire de Grantham en 1945-1946. Margaret Thatcher va pendant sa jeunesse aider à faire fonctionner l'épicerie, donnant naissance à des intuitions favorables au libre-échange et au marché. Elle suit une éducation rigoureuse et très imprégnée par le méthodisme, pour lequel son père prononce des sermons. Elle découvre très jeune la politique à travers l'engagement de son père.

Elle étudie jusqu'au lycée dans la ville, rejoignant la Kesteven and Grantham Girls' School avec une bourse. Elle passe la première partie de la Seconde Guerre mondiale à Grantham, qui est bombardée. En 1943, elle est admise au Somerville College de l'Université d'Oxford, pour un cursus de chimie. Elle est alors la première de sa famille à entrer à Oxbridge, qu'elle finance grâce à des bourses. De 1943 à 1947, elle suit des études scientifiques de chimie à l'université d'Oxford. Elle étudie en particulier la cristallographie et sort de l'université avec une licence de chimie. Elle rejoint dès son arrivée l'Oxford University Conservative Association (OUCA), l'association des étudiants conservateurs d'Oxford et, en octobre 1946, elle en devient présidente, troisième femme à accéder à ce poste. Son origine sociale et son engagement politique en font une personnalité en marge, la plupart des étudiants sont en effet progressistes et de milieu social élevé, où il est de bon ton d'être progressiste. Elle a une aventure avec un étudiant d'un milieu aristocratique mais quand elle est présentée à la famille, celle-ci l'humilie pour son rang inférieur. La même année elle participe pour la première fois au congrès national du Parti conservateur britannique à Blackpool.

De 1947 à 1951, elle travaille dans le secteur de la recherche en chimie, dans l'industrie des plastiques, chez BX Plastics. En 1949, elle est sélectionnée comme candidate conservatrice pour la circonscription de Dartford et rejoint alors J. Lyons and Co.. Elle y travaille dans le secteur de la crème glacée, développant des techniques visant à améliorer la conservation des produits.

Entrée en politique:

Aux élections de 1950 et 1951, elle tente de se faire élire dans le bastion travailliste de Dartford que le parti lui a assigné mais échoue, réduisant néanmoins de 6 000 voix l'avance travailliste. Elle est en 1950, à 24 ans, la plus jeune femme candidate du pays. Il est à l'époque rare qu'une femme fasse de la politique, ce qui est d'ailleurs généralement mal vu. Ses discours reflètent déjà les idées qui guideront sa politique future, comme ce discours tenu à Dartford :

« Notre politique n'est pas fondée sur la jalousie ou sur la haine, mais sur la liberté individuelle de l'homme ou de la femme. Nous ne voulons pas interdire le succès et la réussite, nous voulons encourager le dynamisme et l'initiative. En 1940, ce n'est pas l'appel à la nationalisation qui a poussé notre pays à combattre le totalitarisme, c'est l'appel de la liberté. »

                                   Citation de Margaret Thatcher.

 

 Elle commence alors des études juridiques. Elle rencontre à cette époque Denis Thatcher (1915 – 2003), un divorcé de milieu aisé. Celui-ci recherche une relation stable et sure tandis qu'elle recherche un mari qui pourra subvenir à ses besoins pendant qu'elle se consacre à la politique. Ils se marient en décembre 1951. Si leur mariage n'est pas passionnel, leur relation sera extrêmement forte et la mort de Denis en 2003 l'affectera considérablement. Ils ont des jumeaux en 1953, Mark et Carol. La même année, elle devient barrister spécialisée en droit fiscal.

Elle tente à plusieurs reprises d'obtenir l'investiture du parti dans des circonscriptions conservatrices et, en 1958, elle est choisie pour être la candidate conservatrice au Parlement dans la circonscription de Finchley, qui a la caractéristique d'avoir une forte communauté israélite, ce qui aura des répercussions sur sa politique étrangère future, plutôt pro-israélienne quand la tradition conservatrice était plutôt pro-arabe et pour quelques cas antisémite. Après avoir consciencieusement fait campagne, elle remporte l'élection en 1959 et entre pour la première fois à la Chambre des communes. C'est le début d'une carrière politique très rapide. Elle sera élue sans discontinuer aux Communes jusqu'en 1992. Elle est très remarquée lors de son premier discours de présentation à la chambre. La première loi qu'elle proposa et fit voter le 5 février 1960 était en faveur de la liberté de la presse pour relater les délibérations des conseils municipaux. C'est à cette occasion qu'elle rencontre Keith Joseph, qui restera très proche d'elle et l'influencera fortement.

À la faveur d'un remaniement en septembre 1961, elle devient « Parliamentary Secretary » (« Secrétaire parlementaire ») auprès du ministre des retraites. Elle conserve son poste jusqu'au départ des conservateurs du pouvoir en 1964. Elle soutient alors Edward Heath à la tête du parti tory contre Reginald Maudling. De 1964 à 1970, elle occupe la fonction de porte-parole de son parti à la Chambre des communes. Elle y défend alors entre autres la possibilité pour les locataires de logements sociaux de les racheter. En 1966, elle rejoint le Trésor dans le « Cabinet fantôme » conservateur.

 

En tant que députée, elle est l'un des seuls conservateurs à soutenir la loi de Leo Abse qui décriminalise l'homosexualité masculine et à soutenir la légalisation de l'avortement proposée par David Steel. Elle prend parti contre l'abrogation de la peine de mort. Lors de discours à la chambre, elle s'oppose fortement au Labour et à sa politique fiscale, qu'elle juge être un pas en direction « non seulement du socialisme mais aussi du communisme ». Remarquée, elle progresse dans la hiérarchie du Cabinet fantôme et devient shadow ministre de l'éducation à la veille des élections de 1970.

Ministre dans le gouvernement Heath:

Quand Edward Heath remporte les élections générales de 1970, elle est sans surprise choisie comme ministre de l'éducation et de la science. Sa politique est marquée par la volonté de protéger les « grammar schools » (sélectives et spécialisées) contre les « comprehensive schools » (généralistes) ce qu'elle ne parviendra pas à faire. Elle défendit également l'Open University, système d'enseignement à distance que le chancelier de l'échiquier Anthony Barber voulait supprimer.

 

Devant couper dans les dépenses de son ministère, elle supprime la distribution gratuite de lait pour les enfants de sept à onze ans, prolongeant la politique du Labour qui l'avait supprimée au lycée. Cela suscita une importante vague de protestations et lui valut le quolibet : « Thatcher Thatcher, Milk Snatcher ». S'étant considérablement exposée politiquement sans obtenir de gain en contrepartie, elle tirera de cette expérience une leçon politique : n'aller à l'affrontement que pour les combats majeurs. En revanche, elle s'opposa à l'introduction de nouveaux frais pour l'accès aux bibliothèques.

Après le U-Turn d'Edward Heath, qui change radicalement de politique devant la pression de la rue, elle renonce un temps à pratiquer une politique libérale et se conduit de façon aussi dépensière qu'un ministre de l'éducation habituel.

Après la défaite des conservateurs aux élections de 1974, elle devient shadow ministre de l'environnement.

                             À la tête de l'opposition :


Margaret Thatcher le 18 septembre 1975.

Thatcher se rapproche de Keith Joseph et du Centre for Policy Studies dont elle partage les analyses sur les causes de la défaite : tous deux estiment que le gouvernement Heath a perdu le contrôle de la politique monétaire et s'est décrédibilisé par ses revirements permanents ou « U-turns ». Un nombre croissant de conservateurs perçoivent que la politique centriste du parti a mené le pays au déclin relatif puis absolu et recherchent une alternative à Heath. Initialement candidat à la présidence du parti conservateur, Joseph se retire au profit de Thatcher à la suite d'une gaffe dans un discours, gaffe utilisée par les socialistes pour le faire passer pour un eugéniste, à tort. Après avoir méthodiquement travaillé les députés, de même qu'elle travaille méthodiquement les électeurs de sa circonscription, et à la surprise générale, elle devance Heath au premier tour et ce dernier se retire au profit de William Whitelaw. Thatcher l'emporte malgré tout, par 146 voix contre 79 ; le 11 février 1975, elle prend la tête du parti.

Pendant son mandat à la tête du parti tory, elle persiste dans une attitude anticommuniste, en particulier lors de discours comme celui de Kensington le 19 janvier 1976 où elle accuse les Soviétiques d'aspirer à la domination du monde et de sacrifier le bien-être de leur population à cette fin. Cela lui valut le surnom de « Dame de Fer », donné par le journal du ministère de la Défense soviétique, L'Étoile rouge et popularisé par Radio Moscou.

Les difficultés rencontrées par le gouvernement travailliste, qui mènent par exemple à la tutelle du FMI, relancèrent les conservateurs, qui firent campagne sur des thèmes offensifs comme « Le Labour, ça ne marche pas » (« Labour Isn't Working »), en attaquant le bilan du gouvernement sur le chômage ou la surrégulation et en profitant des retombées de l'hiver du mécontentement au cours duquel une grève générale paralyse le pays.

     Hiver du mécontentement.

 

Par ailleurs, Margaret Thatcher fait appel aux services d'une compagnie - Saatchi and Saatchi - pour gérer sa campagne comme cela se fait aux États-Unis mais pas encore en Europe. En 1978, des affiches sont imprimées représentant une file d'attente illustrée du slogan Labour is not working. La presse reprend et diffuse ces affiches, qui n'avaient été imprimées qu'en une trentaine d'exemplaires, offrant à la campagne de Thatcher un large et nouvel écho. Thatcher se place ainsi sur le terrain social pour contester le gouvernement, cherchant à atteindre les électeurs traditionnels du parti travailliste, stratégie qui aboutira puisqu'on observera un transfert de voix de 10 à 15 % dans les régions travaillistes.

 

 

La formation intellectuelle de La Dame de Fer 

On appellera « thatchérisme » la politique économique de Margaret Thatcher. Le thatchérisme est avec le « reaganisme », son pendant américain à la même époque, l'un des deux principaux avatars de la « révolution conservatrice » que le monde a connu suite à la phase dépressionnaire qui s'ouvre avec les deux chocs pétroliers et la crise du keynésianisme. C'est dans les années 1970 que le thatchérisme prend forme, avant l'arrivée au pouvoir, sous l'influence des penseurs et thinks tanks libéraux.

 

Margaret Thatcher accorde une grande importance aux valeurs « victoriennes » de travail, d'ordre, d'effort et de « self-help » qu'elle reçut dans son éducation et dont elle dit dans ses Mémoires qu'elles jouèrent un grand rôle dans son parcours. Dès ses années d'université, elle est en outre familière avec les idées libérales, à travers la lecture de La Société ouverte et ses ennemis de Karl Popper, La Route de la servitude ou, plus tard, La Constitution de la liberté de Friedrich Hayek .Ce sera une source d'inspiration importante de sa pensée, avec les ouvrages libéraux que lui conseillera Keith Joseph. De façon générale, le « thatchérisme » puise son inspiration politique et économique dans ces théories et dans celles de l'École monétariste de Chicago, incarnée par Milton Friedman, de l'école de l'offre Arthur Laffer et de l'École autrichienne connue à travers Friedrich Hayek.

Margaret Thatcher allait mettre en application ces théories en réduisant fortement les dépenses publiques et la pression fiscale, en luttant contre l'inflation forte de la fin des années 1970 par des taux d'intérêt élevés et en favorisant l'ouverture économique aux capitaux étrangers, et son corollaire : la fin des subventions aux « canards boiteux » (fermeture des mines non rentables par exemple), ce qui tranche avec le volontarisme des voisins européens pour tenter de sauver l'industrie au cours des années 1980. Nigel Lawson, chancelier de l'Échiquier entre 1983 et 1990 déclara ainsi en 1980 :

 

« La politique économique du nouveau conservatisme repose sur deux principes : le monétarisme et le libre marché en opposition à l'intervention de l'État et à la planification centralisée »
                        Citation de Nigel Lawson.

Elle se revendique également antisocialiste et écrit dans ses Mémoires :« je n'ai jamais oublié que l'objectif inavoué du socialisme - municipal ou national - était d'accroître la dépendance. La pauvreté n'était pas seulement le sol nourricier du socialisme : elle en était l'effet délibérément recherché ». Dans un discours devant le Conseil central de son parti, en mars 1990, elle déclare : « Le socialisme a l'État pour credo. Il considère les êtres humains ordinaires comme le matériau brut de ses projets de changements sociaux ».

 Concernant les vecteurs de transmission de ces idées, on peut souligner le rôle des think tank libéraux britannique comme l'Adam Smith Institute fondé en 1977, l'Institute of Economic Affairs fondé en 1955 ou le Centre for Policy Studies fondé en 1974 par Keith Joseph.

Premier ministre du Royaume-Uni (1979-1990) 


Le président américainRonald Reagan et la premier ministre britannique Margaret Thatcher en 1986 à Camp David.

C'est dans un contexte marqué par une crise à la fois économique, sociale, politique et culturelle que Margaret Thatcher mena les conservateurs à la victoire le 3 mai 1979 (44% des voix et 339 élus, contre 37% aux travaillistes et 269 élus), devenant le lendemain la première femme à diriger le gouvernement d’un pays occidental.

Le nouveau Premier ministre était relativement peu connue de ses concitoyens, elle dirigeait le parti conservateur1975 seulement et n'y avait pas auparavant occupé de poste véritablement de premier plan. Se décrivant elle-même comme « un dirigeant politique de convictions », elle entend mettre en pratique un programme, appuyé sur quelques principes fondamentaux, pour enrayer le déclin du pays. Elle avait énoncé les grandes lignes de son programme et comptait l'appliquer, mettant fin aux revirements de Heath. Elle déclara ainsi dans un discours le 10 octobre 1980 : « la dame ne fait pas demi tour ! » 

Margaret Thatcher a orchestré une réduction importante du rôle de l'État, accompagnée du renforcement de son autorité sur les domaines qu'il conserve, au détriment des corps intermédiaires. Elle commence son premier mandat en défaisant certaines politiques travaillistes, qu'il s’agisse des nationalisations d'entreprises et de ressources, de la régulation du marché locatif à la réduction de la taille de l'administration.

Elle lance les premières privatisations, comme celle de British Steel (privatisée en 1988) ou de British Airways en plus gros producteur d'acier européen, ou un transporteur aérien déficitaire en l'une des meilleures et plus rentables compagnies au monde. Ainsi, British Steel sous la présidence d'Ian McGregor doit s'aligner sur la productivité des industries étrangères : en 1975, elle a une productivité une fois et demi inférieure à la productivité allemande et deux fois et demi inférieure à la productivité américaine. À partir de 1979, elle augmente de 10% par an. (privatisée en 1987), transformant une entreprise perdant 1 milliard de livres par an et ayant une productivité inférieure de moitié à celle de ses concurrents occidentaux. 

Cette réduction du rôle de l'État s'accompagne d'une réduction du nombre de corps intermédiaires : on observe la disparition de plusieurs centaines de Quangos (organismes paritaires) et plusieurs conseils de comté sont démantelés ou supprimés comme à Londres en 1987.

Exemple de cette évolution du rôle de l'État, elle déclare dans un discours en 1975 :

« Un homme a le droit de travailler comme il veut, de dépenser ce qu'il gagne, de posséder sa propriété, d'avoir l'État pour serviteur et non pour maître. Ce sont là les héritages britanniques. Ils sont l'essentiel d'une économie libre et de cette liberté dépendent toutes les autres. »

                       Citation de Margaret Thatcher.

 

Elle s'est aussi attaquée aux syndicats, dont la puissance était importante notamment grâce à leur influence au sein même du Parti travailliste, qui était alors nettement à gauche. Ce sera particulièrement vrai lors de l'« Hiver de la Grogne » 1984-1985, lors d'une longue grèves des mineurs. Le film Billy Elliot évoque ces grèves.

Durant son passage au pouvoir, cinq lois sur les syndicats furent votés : en 1980, 1982, 1984, 1987 et 1988. Ces lois sur les syndicats avaient pour objectif premier de mettre fin au « closed shop », qui permettait à un syndicat de n'autoriser que les recrutements de travailleurs syndiqués.

La situation en Ulster se dégrade au début de son mandat ; Lord Mountbatten, oncle de la reine et organisateur de l'indépendance de l'Inde, est assassiné par l'IRA en 1979. Des attentats visent Hyde Park et Regent Street en 1982, faisant 23 morts, puis Harrods en 1983, faisant 9 morts. En octobre 1984, l'explosion d'une bombe à retardement de l'IRA au Grand Hôtel de Brighton, où se tient le congrès annuel du parti conservateur, manque de provoquer la mort de Margaret Thatcher et de plusieurs membres de son gouvernement. En 1987, l'attentat d'Enniskillen fait 11 morts.

En 1981, plusieurs membres de l'Armée républicaine irlandaise provisoire et de l'Irish National Liberation ArmyMaze lancèrent une grêve de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques, qui leur avait été retiré cinq ans plus tôt par les travaillistes. Malgré la mort de 10 prisonniers (dont le plus connu est Bobby Sands), Thatcher se montre inflexible, déclarant par exemple "Un crime est un crime ; ce n'est pas politique ". emprisonnés à la prison de Maze Il lancèrent une grève de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques.

Néanmoins, elle leur accordera le statut ultérieurement et explora une solution négociée au conflit avec les accords d'Hillsborough entre l'Irlande et le Royaume-Uni. À la fureur des Unionistes, l'accord donne des garanties au gouvernement irlandais et aux pacifistes et affirme la nécessité de la règle majoritaire pour toute évolution du statut de la province. Cela ne suffit pas à mettre un terme à la violence qui continue.

En poste lors de l'avènement de la musique techno, elle mène alors une politique obligeant les clubs à fermer à 2 heures du matin, poussant les clubbers à continuer leurs fêtes de façon clandestine via les raves party, permettant l'émergence de ce qui deviendra la free party.


 Ronald Reagan et Margaret Thatcher, le    16 novembre 1988 à la Maison Blanche.

 

 

Sa politique étrangère fut guidée par plusieurs idées fortes, l'anti-communisme, l'atlantisme et l'euroscepticisme.

 

Guerre des Malouines.

Après plusieurs années de conflit larvé, l'Argentine, alors dirigée par les généraux, attaqua le 2 avril 1982 deux petits archipels britanniques dans l'Atlantique sud : les Malouines et la Géorgie du Sud. Thatcher décide rapidement de recourir à la force contre cet acte de guerre. Dès le 5 avril, une flotte dirigée par l'amiral Sandy Woodward appareille pour l'Atlantique Sud et la Géorgie du Sud est reprise le 25 avril. La reconquête des Malouines prit trois semaines (21 mai-14 juin) et fit 293 morts britanniques contre 712 argentins.

 

La guerre des Malouines (Falklands War) se solda par la défaite de l'armée argentine et par conséquent a précipité la chute de la dictature militaire. L'inflexibilité de Margaret Thatcher dans ce conflit a partiellement contribué à son surnom de Dame de Fer et contribua à sa première réélection. Parallèlement, elle augmente l'effort militaire jusqu'au milieu des années 1980, dans un contexte de « guerre fraîche » entre les deux blocs.

La relation avec le Chili sera l'occasion d'une controverse beaucoup plus tard. Elle remerciera en effet le général Augusto Pinochet pour le soutien qu'il avait apporté à l'armée britannique durant le conflit en mettant à sa disposition les radars chiliens et en recueillant les blessés. Argentine et Chili étaient en effet au bord de la guerre en raison d'un conflit territorial : le conflit du Beagle. Elle le remerciera encore publiquement et personnellement en 1999 après sa mise en résidence surveillée au Royaume-Uni suite à un mandat d'arrêt international lancé par le juge espagnol Baltasar Garzón pour les violations des droits de l'homme commis sous le régime de la dictature militaire. S'exprimant en faveur de sa libération, elle le remercia en ces termes : « je suis bien consciente que vous êtes celui qui a amené la démocratie au Chili, vous avez établi une constitution appropriée à la démocratie, vous l'avez mise en œuvre, des élections ont été tenues, et enfin, conformément aux résultats, vous avez quitté le pouvoir ». Le général Pinochet était parvenu au pouvoir en 1973 par un coup d'Etat militaire contre le gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende et, n'avait quitté le pouvoir qu'après 17 ans de dictature et de répression contre l'opposition de gauche, suite au refus des Chiliens, consultés par référendum en 1988, de lui accorder 8 ans de plus à la tête de l'Etat.

Eurosceptique, elle demanda que le Royaume-Uni ne puisse pas payer plus que ce qu'elle reçoit de l'Europe. Elle fait cette déclaration célèbre : « We are simply asking to have our own money back ». Le Royaume-Uni, alors en pleine récession, paie pourtant beaucoup plus que ce qu'elle reçoit. Elle obtient gain de cause en 1984, avec ce qu'on appelle le « rabais britannique ».

 

Dans son fameux discours de Bruges du 20 septembre 1988, elle réaffirme son opposition à une Europe fédérale et déléguant plus de pouvoirs à Bruxelles. tout en défendant sa vision de l'Europe, une Europe des patries. Son discours de Bruges défend donc trois idées fondamentales : L'Europe doit fonctionner selon la méthode coopérative, elle doit être l'outil de la création du marché commun et les États-membres doivent se placer dans une logique internationaliste. Elle s'est également opposé à ce que la Communauté européenne dispose de ressources propres.

Margaret Thatcher avait approuvé l'adhésion à la CEE et considérait que celle-ci ne devait être qu'un moyen de mettre en place le libre-échange et de garantir la concurrence. Elle déclara ainsi : « Nous n'avons pas réduit le rôle de l'État avec succès au Royaume-Uni pour qu'un super-État européen vienne exercer une nouvelle domination depuis Bruxelles ». Le discours, très critiqué par les autres Européens, révéla les divisions des conservateurs sur la question européenne. C'est d'ailleurs l'Europe qui accéléra la chute de son cabinet avec la démission de l'europhile Geoffrey Howe.

L'amitié avec un dirigeant étranger qui marque le plus son mandat est celle avec le président américain Ronald Reagan, qu'elle connaît depuis 1975, et dont elle partage les principes, notamment l'anticommunisme et le libéralisme économique. Ronald Reagan la surnommait « the best man in England », alors qu'elle le qualifiait de deuxième homme le plus important de sa vie. Les deux leaders s'étaient rencontré en 1975 alors que Reagan n'était encore que gouverneur de Californie. Les deux dirigeants s'apporteront à maintes occasions un soutien réciproque inébranlable.

 

Avant même l'arrivée de Reagan au pouvoir, Thatcher entreprit de resserrer les liens avec les États-Unis. Sur le plan du nucléaire, elle confirma notamment par un échange de lettres avec le président Carter les accords de Nassau signé par MacMillan en 1962 alors que les travaillistes avaient un temps envisagé un rapprochement avec la France sur cette question. Elle montrera tout au long de sa carrière un attachement profond à la doctrine de la dissuasion nucléaire. En 1986, lors du sommet de Reykjavik, elle convainc ainsi Ronald Reagan de décliner la proposition de Gorbatchev d'éliminer l'ensemble des systèmes offensifs soviétiques et américains à moyenne portée.

Malgré de nombreux points de convergence, les deux chefs d'État seront en désaccord sur quelques points ponctuels. Concernant la guerre des Malouines, les intérêts états-uniens penchaient originellement du côté argentin. Alors que les États-Unis tenteront dans un premier temps de trouver un compromis susceptible de sauver la face de leur protégé Galtieri, ils fourniront finalement au Royaume-Uni une importante aide logistique et militaire (en particulier les missiles Sidewinder qui feront tourner le cours du conflit).

Concernant la politique de sanctions contre la Pologne réprimant le syndicat Solidarité, Margaret Thatcher reprocha aux Américains d'avoir unilatéralement décrété des sanctions qui affectaient les économies de ses alliés occidentaux bien plus que la leur. Leur relation bilatérale n'en sera cependant pas affectée.

Margaret Thatcher adopta une politique opposée à l'URSS et à ses satellites. En 1979, elle condamne l'invasion par l'Armée rouge de l'Afghanistan. En 1980, à la suite de cette invasion, le Royaume-Uni fait partie des 50 pays qui boycottent les Jeux Olympiques de Moscou. Jusqu'en 1985, elle renforce les moyens militaires britanniques, avec une hausse du budget de la défense de 21,3% entre 1979 et 1985. Avec la détente et l'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, les relations s'améliorent et les dépenses militaires décroissent à nouveau.

 

Dès son entrée en fonction en 1979, elle imprime sa marque en réglant en un peu plus de six mois le problème rhodésien vieux de 15 ans avec les accords de Lancaster House.

À l'issue de l'invasion de la Grenade, ancienne possession britannique membre du Commonwealth depuis son indépendance en 1974, par les troupes américaines en 1986, Margaret Thatcher se déclara également « consternée et trahie ». Son soutien au régime grenadais ne se traduisit cependant que par quelques protestations devant l'Assemblée générale des Nations unies.

En 1987, elle prend la décision de la restitution de Hong Kong à la Chine. L'année suivante, elle se rallie tardivement aux sanctions contre le régime sud-africain qui pratique l'apartheid.

Élections.

 

Les électeurs britanniques lui donnèrent la majorité à trois reprises, lui confiant le plus long mandat de Premier ministre au Royaume-Uni depuis le XVIIIe siècle.

En 1982, sa situation était difficile et sa popularité faible. La guerre des Malouines restaura cependant son autorité morale et le Falkland Factor (Facteur des Malouines) joua un rôle important (mais non primordial) dans sa réelection. Elle est alors un personnage charismatique, à l'aura semblable à celui du général de Gaulle selon l'historienne Monica Charlot. Néanmoins, pour l'historien Philippe Chassaigne, c'est surtout l'amélioration de la situation économique qui explique cette réelection. Les tories obtiennent finalement 397 députés sur 635 en 1983.

En 1987, les tories remportent à nouveau la victoire mais avec une moindre avance puisqu'ils gagnent 375 sièges sur 650. Les travaillistes sont à chaque fois distancés, en nombre de sièges mais surtout sur le terrain des idées. Michael Foot, le dernier « archéo-travailliste », laisse la place à des leaders plus modérés en 1983.

Les dissensions au sein du parti se multiplient néanmoins, en partie à cause de son « autorité croissante » sur le parti, qui suscite des brouilles avec Francis Pym, Geoffrey Howe ou Nigel Lawson.

 

Chute.

En 1990, l'instauration d'un nouvel impôt local supprimant la taxe d'habitation, la poll tax, sa politique économique (15 % de taux d'intérêt) et sa rserve face à l'intégration du Royaume-Uni dans les Communautés européennes la mirent en minorité dans son propre parti, alors très divisé sur ces sujets. Elle accepta cependant l'entrée du Royaume-Uni dans le SME en 1990.

Le 1er novembre 1990, son ministre Geoffrey Howe, l'un de ses plus anciens alliés mais europhile, démissionnait pour protester contre sa politique européenne. Il en appela à quelqu'un de nouveau pour mener une nouvelle politique. L'ancien ministre de la Défense, Michael Heseltine, fit alors acte de candidature pour diriger le parti conservateur, défiant alors Margaret Thatcher. Il reçut alors suffisamment de suffrages pour mettre en ballotage le Premier ministre.

Le 22 novembre 1990, de retour d'une conférence à Paris, elle annonça qu'elle refusait de se soumettre à un second tour et par conséquent, annonça son retrait et sa démission du leadership conservateur. Elle se justifia en invoquant la nécessité de choisir quelqu'un de nouveau qui pourrait mener les conservateurs à la victoire dès l'échéance électorale suivante.

Une motion de défiance présentée par les travaillistes mit fin à son gouvernement comme attendu. Elle apporta son soutien à son ancien dauphin, John Major, qui lui succéda au poste de premier ministre le 28 novembre.


 Margaret Thatcher, Brian Mulroney et Mikhail Gorbatchev, le 11 juin 2004 en la cathédrale de Washington lors des funérailles de Ronald Reagan.

Après plusieurs petites attaques cérébrales et sur avis de ses médecins, elle se retire en 2002 de la vie publique tout en restant très impliquée dans la politique. Très affaiblie après le décès de son époux en 2003, Margaret Thatcher tient à assister personnellement aux funérailles de son grand ami, l'ancien président américain Ronald Reagan, qui ont lieu le 11 juin 2004 en la cathédrale nationale de Washington en présence de dirigeants du monde entier. Le mercredi 7 décembre 2005, l'ancien Premier ministre, âgée de 80 ans, a été hospitalisée à Londres après s'être sentie faible. Elle a depuis plusieurs mois une santé très fragile.

 

 

 

 

 

 

 

A voir aussi.

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Commentaires (1)

1. peter weston 01/03/2011

c est coo;l

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Date de dernière mise à jour : 21/10/2011

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