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Citations de Eric Tabarly.
Il n'est écrit nulle part que les grands hommes aient droit à un traitement spécial quand ils vont en mer. Il n'est écrit nulle part, parce qu'un coureur au large qui a défié la mer et la mort durant des décennies ne puisse pas être cueilli par une vague. Il n'est écrit nulle part qu'un marin qui entendait naviguer sans s'embarrasser d'un fatras technologique n'ait pas droit à cet ultime coup de pied du destin : mourir faute de capacité d'alerte. Il n'est écrit nulle part qu'Eric Tabarly devait mourir dans son lit. Il est mort comme Dominique Guillet, Daniel Gilard, Olivier Moussy et beaucoup d'autres skippers, tombés à l'eau sous les yeux de leurs équipiers.
Après tant de défis, tant de tempêtes, cinq cap Horn en course, des centaines de milliers de milles sur toutes les mers du globe, des démâtages et deux chavirages, cette fois il n'a pas eu droit à l'erreur. Ce marin visionnaire qui soutenait les efforts d'Alain Thébault dans la mise au point du bateau volant "l'hydroptère" est mort commeun marin de la marine en bois, comme un matelot d'autrefois. Ce paysan de la mer est mort à la tâche, arraché à un bateau qu'il avait ressucité deux fois, apportant sans la savoir une dernière touche à une légende construite sans le vouloir.

Hydroptére.
Eric Tabarly ne ressemblait pas à cette espèce d'ours breton taiseux et buté, ce marin d'almanach qu'on imagine trop souvent. Breton, il l'était par ses ascendants. Pour le reste, cet homme simple n'entrait pas dans les cases connues de la simplification générale. Il est né à Nantes en juillet 1931, a passé son enfance à Blois et ses vacances à Préfailles, qui n'est pas du côté breton de l'estuaire de la Loire.
Il n'était pas vraiment d'Armor, mais sûrement de la mer. Sur les photos de famille, on le voit, frimousse épanouie du haut de ses 3 ans, barrer "Annie", le premier voilier de son père Guy. Tête de bois, mauvais élève et sportif d'exception, il s'est engagé dans l'aéronavale à 21 ans, il a appris à piloter les Lancaster au Maroc et passé un an à survoler l'Indochine. Taiseux, cet aîné de quatre enfants ne l'était guère, si vous l'invitiez à parler d'avions, de montagne et bien entendu de bateaux. Ce timide n'avait rien d'un intellectuel, mais il possèdait une culture encyclopédique de la marine à voile et une compétence extraordinaire en architecture navale.
Entré à l'Ecole Navale sur le tard et à son deuxième essai, il a convaincu son père de faire de lui le quatorzième propriétaire de "Pen-Duick", un cotre en mauvais état que Guy Tabarly avait acquis en 1938. C'est ainsi que la saga commence. Le jeune enseigne donne une nouvelle coque à son antiquité et apprend à la manoeuvrer comme une bicyclette. Puis il va courir chez les Anglais et décide de s'inscrire à la transat en solitaire, une course dont le réglement tient en trois mots : un homme, un bateau et l'océan. Découvrant qu'il peut mener seul un voilier bien plus grand que le 10 mètres sur le quel il s'entraîne, il fait dessiner et construire "Pen-Duick II" par son ami Gilles Costantini à la Trinité-sur-Mer. Et il prouve que la légéreté peut rimer avec efficacité. Tabarly a 32 ans. En battant Chichester, en donnant une victoire maritime à la France, il entre subitement au Panthéon d'une génération optimiste, en compagnie de De Gaulle, de Bardot, à coté du France et du Concorde.

Pen Duick 4
Mais lui, tout décoré de la Légion d'Honneur qu'il soit, rien ne le détourne de son cap : il invente des bateaux, gagne des courses, convertit les Français à la plaisance, inspire les plus grands marins français, impressionne Kersauson et Poupon, Jean-Louis Etienne et Titouan Lamazou, place la France en tête de la course millénaire à la vitesse à la voile, fait la une des journaux, descend les Champs-Elysées, défend le Musée de la Marine, occupe les meilleures places dans le classement des personnages préférés des français. Et malgré tout cela, il reste le même. Ni yachtman, ni baba, il ne porte pas à la mer une once d'amour romantique. Il aime les bateaux, ce qui n'est pas la même chose. Il habite son rêve dans sa longère à toit de chaume des bords de l'Odet et pousse dans leurs retranchements tous les voiliers qui lui tombent sous la main.
Cet homme tout d'un bloc croisait au large de la vanité. Il ignorait le bavardage et le deuxième degré, les jeux de cour et le goût du pouvoir. Cet athlète n'a pas changé d'une miette en prenant des rides. Il n'a pas converti sa célébrité en liquidités, ni son image en fortune. Cet homme étonnant est parti avec son secret.
Tabarly avait réconcilié les Français avec la mer en leur faisant croire qu'ils étaient meilleurs sur l'eau que les Anglais. Il a disparu le 13 juin 1998 dans les eaux anglaises, à bord d'un cotre britannique dessiné par un Ecossais de génie. Cet ultime pied de nez conclut une vie de laboureur des vagues.
(D'après l'Express juin 1998).
| 1997 sur Aquitaine Innovations |
Vainqueur du Fasnet Vainqueur de la Transat Jacques Vabre |
| 1987 sur Cote d’Or |
2ème dans la Transat Le Point Europe1 |
| 1984 sur Paul Ricard |
3ème dans la transat en solitaire |
| 1980 sur Paul Ricard |
Record de la traversée de l’atlantique en 10J, 5h, 14mn, 20s |
| 1976 sur Pen Duick VI |
Vainqueur Transat en Solitaire |
| 1972 sur Pen Duick III |
Vainqueur de la TransPac |
| 1971 sur Pen III réarmé en sloop |
Vainqueur de Falmouth-Gibraltar Vainqueur de la Middle Sea Race |
| 1969 sur Pen Duick V |
Vainqueur de San-Francisco - Tokyo |
| 1967 sur Pen Duick III |
Vainqueur du Tour de Gotland, Vainqueur de la Channel Race, du Fasnet Vainqueur Sydney-Hobart, champion du RORC en Classe 1 |
| 1966 | Vainqueur de la course Oyster Bay/ Newport |
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Pen Duick VI - 250 000 milles au loch Un original financement.
1973. Malheureuse Whitbread.
1976. Transat triomphale. A l'école buissonnière.
Aujourd'hui A bord de Pen Duick VI
Pen Duick VI, particularités pour la première Whitbread. Pen Duick VI, particularités pour la Transat 76 Le long sillage de Pen Duick VI |
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Trimaran de course océanique Comparé aux trimarans actuels utilisant les matériaux composites et fort d'une expérience de plus de trente années, le IV possède l'apparence d'un "dinosaure". Mais sur sa cale de lancement de Lorient en 1968, sa modernité a bouleversé le monde traditionnel du yachting et beaucoup ont douté de l'audace du coureur français. Dès les premières sorties, les 18 noeuds sont atteints sans difficulté. Le double de la vitesse de Pen Duick III. Mais au cours du convoyage entre Lorient et Plymouth quelques défauts mettent en évidence le manque de préparation d'un bateau aussi novateur. La commande du pilote automatique se dérègle au-dessus de dix noeuds, le ferrure de bôme se rompt. Malgré un violent choc à la poitrine occasionné par un empannage intempestif où le chariot de la grand voile circule sur le rail d'écoute circulaire, Eric est satisfait de passer le Raz de Sein à la vitesse d'un torpilleur. Quand il pénètre dans le bassin de Millbay Dock qui abrite à Plymouth la flotte des concurrents, le grand bateau porte déjà le surnom de "pieuvre géante", de "cours de tennis flottant" dont il possède la surface. En fait, Pen Duick IV navigue à 10 noeuds au près. Mais le trimaran géant manque de préparation et Tabarly le sait. L' abordage avec un cargo dans les premiers jours de course l'oblige à revenir réparer à Plymouth. Trois jours et six heures plus tard, il coupe à nouveau la ligne. Mais quelques heures plus tard, il entre à Newlyn à la suite d'une avarie dpilote et annonce d'une voix blanche qu'il abandonne. Quatre mois plus tard, en novembre 1968, Pen Duick IV appareille de La Trinité en direction de la Martinique. Le bateau a été revu, les mâts tournants remplacés par un gréement classique. L'intention d'Éric est de prouver les qualités du grand bateau et de le vendre aux USA. Dans la traversée Atlantique, le trimaran est d'abord contraint à faire escale aux Canaries pour s'abriter du mauvais temps où le vent montera à 70 noeuds. Puis dans les alizés, Pen Duick IV traverse l'Atlantique en 10 jours et 11 heures à la moyenne de 11 noeuds (sur 2640 milles). Il pulvérise ainsi tous les records ! Après le Canal de Panama, Pen Duick IV remonte le long de la Californie et s'attaque à la course Los Angeles-Honolulu. Les multicoques ne sont pas admis dans cette classique américaine et le trimaran court en parallèle. Pen Duick fait sensation en battant de 20 heures le grand monocoque Windward Passag, sans doute à cette époque l'un des plus rapides bateaux du monde. Son propriétaire a l'intention d'acheter Pen Duick, puis se ravise devant le rusticité des aménagements. Pen Duick IV continue à travers le Pacifique. Alain Colas et Manuréva A bord de Pen Duick IV
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L’idée, le projet, la construction :
A la fin de l’été 1968, Eric lit dans une revue nautique qu’une course transpacifique en solitaire sera organisée par la Slocum Societe. Son départ est fixé le 15 mars 1969. Elle doit rallier San Francisco à Tokyo. Seuls les monocoques d’une longueur comprise entre 22 et 35 pieds sont admis à courir. Eric ne dispose pas d’un tel bateau. Il décide d’en construire un. En septembre 1968, il rencontre l’architecte Michel Bigoin à la Semaine Nautique Internationale de Méditerranée à Marseille. Le choix de Michel Bigoin n’est pas le fait du hasard. Il avait dessiné auparavant deux excellents coursiers : le Samouraï et, surtout, le Flying Forty qui marche très fort aux allures portantes (enjeu important pour le nouveau projet d’Eric). Le chantier de La Perrière, à Lorient, garantit une mise à l’eau pour Noël si les plans lui sont fournis dans la première quinzaine d’octobre. La course contre la montre a commencé.
Le programme d’Eric est clair : il lui faut un bateau de 35 pieds, construit en alliage léger, très rapide aux allures portantes, démarrant facilement au planning mais capable de remonter correctement contre le vent. Le bateau doit avoir une coque légère et robuste, une carène rapide et un plan de voilure généreux.
Bigoin et Duvergie vont dessiner une bête de course pleine d’idées nouvelles :
- le redan longitudinal, le long de la coque et au-dessus de la flottaison, lui donne de la puissance.
- le poids du lest est diminué et reporté le plus bas possible afin d’alléger le bateau.
- pour éviter les chavirages, deux ballasts sont installés, l’un sur chaque bord, avec un système de pompe et d’évacuation (l’idée est d’Eric).
- les focs sont à rouleaux sur l’étai avant.
- les tangons de spi sont télescopiques.
- Des focs jumeaux sont prévus pour le gros temps, vent arrière.
Les aménagements sont spartiates et entièrement pensés en fonction de la navigation.
Pen Duick V est mis à l’eau le 4 janvier 1969.
Les essais commencent. La manœuvre des ballasts se passe bien : le passage des 500 litres d’eau d’un bord sur l’autre ne demande que peu de temps. Le bateau atteint 10 nœuds à plusieurs reprises. Aux allures portantes, il est vraiment très performant. Pen Duick V marche également très bien contre le vent. Les essais sont prometteurs.
Le 2 février 1969, Pen Duick V et Blue Arpège, le bateau de Jean Yves Terlain, sont embarqués au Havre sur le Maryland, cargo de la Compagnie Générale Transatlantique, pour rallier San Francisco.
La transpacifique :
E. Tabarly gagne la course le 24 avril à Tokyo en 39 jours avec 11 jours d’avance sur le second.
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Date de dernière mise à jour : 21/10/2011
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