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Biographie, Nelson Horatio.

 

              " L'Angleterre attend de chacun qu'il fasse son devoir." 

                               Citation de Horatio Nelson

                                                                                           

1794

12 juillet

L'Amiral Nelson éborgné.

Parti soutenir une insurrection Corse contre la France, l'amiral anglais Horatio Nelson, récemment promu commodore de la Méditerranée, perd un oeil au siège de Calvi. Trois ans plus tard, il perdra l'usage de son bras emporté par un boulet de canon à Santa Cruz de Tenerife. L'Amiral Nelson restera célèbre dans les annales de la marine britannique pour sa victoire éclatante face à Napoléon à Trafalgar le 21 octobre 1805. Il y perdra la vie...


Mort de Nelson sur le pont du Victory

1805

21 octobre

Bataille navale de Trafalgar:

Alors qu'il revenait de Martinique, le commandant de la flotte française, l'amiral ViIleneuve, se fait surprendre par les anglais au large de l'Espagne. Il fait mettre ses navires à l'abri dans la rade de Cadix, mais l'empereur Napoléon, lui ordonne d'en sortie et d'affronter les britanniques emmenée par Horatio Nelson. La flotte franco-espagnole est anéantit par les navires canonniers des anglais. L'amiral Nelson trouvera la mort dans ce combat. Trafalgar est la plus désastreuse bataille navale de l'histoire de France. Villeneuve fait prisonnier par les Anglais, sera libéré en avril 1806 et se suicidera.

 

La bataille navale de Trafalgar opposa le 21 octobre 1805 la flotte franco-espagnole sous les ordres de l'amiral Pierre Charles Silvestre de Villeneuve, à la flotte britannique commandée par le vice-amiral Horatio Nelson. Nelson devait y trouver la mort, mais la tactique qu'il avait mise en œuvre valut aux Britanniques une victoire totale malgré leur infériorité numérique. Les deux tiers des navires franco-espagnols furent détruits, et Napoléon, faute d'une flotte suffisante, dut renoncer à tout espoir de conquête du Royaume-Uni.

Cette victoire marque également la suprématie britannique sur les mers, qui allait rester incontestée jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Le 21 octobre a été célébré dans tout l'Empire Britannique sous le nom de « Trafalgar Day » pendant le XIXe siècle et au début du XXe siècle, mais aujourd'hui cette fête est peu connue.

Contexte

Suite à la reprise des hostilités entre la France et le Royaume-Uni, le 18 mai 1803, après l'éphémère paix d'Amiens, Napoléon Ier commence à réunir une armée, au camp de Boulogne, dans le but d'envahir les îles Britanniques, et d'en finir avec son plus coriace ennemi.

Mais pour permettre à la flottille de transport de traverser la Manche, il doit obtenir une supériorité au moins temporaire, contre la Royal Navy. Pour la réaliser, il lui faut rassembler ses deux flottes principales, celle de l'Atlantique, basée à Brest et celle de la Méditerranée, alors basée à Toulon. Mais ces deux flottes sont sous la surveillance constante de la Royal Navy, ce qui rend leur jonction difficile. De plus d'autres flottes peuvent être mobilisées pour cette action, à savoir la flotte espagnole, maintenant alliée de la France et les autres escadres, présentes sur la façade atlantique, comme celle de Rochefort.

 

La flotte à Brest, commandée par le vice-amiral Honoré Joseph Antoine Ganteaume, forte de vingt et un vaisseaux de ligne est étroitement surveillée par l'amiral William Cornwallis et son escadre, et ne peut appareiller sans combattre. Cependant, le vice-amiral Horatio Nelson, qui commande la Mediterranean Fleet qui fait face à l'escadre de Toulon, a décidé d'appliquer un blocus très lâche, car il espère inciter l'amiral français Pierre de Villeneuve à prendre la mer, et qu'il pourra ainsi livrer bataille. Malgré les réticences de Villeneuve, qui a déjà connu la défaite contre Nelson à Aboukir en 1798, Napoléon pousse celui-ci à appareiller en direction des Antilles, où la flotte espagnole et celle de Ganteaume, forçant aussi le blocus, le rejoindront. Grâce à des tempêtes qui empêchèrent les navires britanniques de maintenir leurs positions de guet, Villeneuve fait voile le 29 mars 1805, s'échappe du piège de Nelson, passe le détroit de Gibraltar le 8 avril, et arrive aux Antilles, le 12 mai, avec onze vaisseaux. Une flotte espagnole, forte de neuf vaisseaux l'y rejoint. Fort de ses vingt navires de ligne, Villeneuve, pourtant pressé par les officiers de l'armée française de participer à la reprise des îles conquises par les Britanniques, reste inactif pendant un mois, attendant Ganteaume, qui n'a même pas quitté son port. Le 7 juin, suite à la capture d'un navire de commerce britannique, il apprend que Nelson et sa flotte, malgré les vents contraires qui les ont retenus, est enfin arrivé dans les Caraïbes. Villeneuve décide alors d'appareiller pour retourner en Europe, ce qu'il fait le 11 juin.

    

Le 9 juillet, il arrive au Cap Finisterre, mais les vents contraires l'empêchent de rentrer dans le golfe de Gascogne avant le 22. Entre-temps, le vice-amiral Robert Calder, qui montait la garde devant Rochefort et Ferrol, a appris le retour du Français, et le 22, il a rassemblé sa flotte de quinze vaisseaux pour l'attendre au Cap Finisterre. La bataille qui suit, la bataille "des quinze-vingt", le 23, où Villeneuve perd deux navires espagnols, dissuade celui-ci de poursuivre au nord. Malgré l'avantage du vent, il fait demi-tour et arrive à La Corogne le 1er août. Les ordres de Napoléon qui l'attendent sont clairs: voguer au nord, vers Brest, mais nerveux devant les démonstrations de la Navy, Villeneuve décide de rejoindre Cadix.

Le 15, Cornwallis prend la lourde décision de détacher vingt de ses vaisseaux pour renforcer Calder contre Villeneuve, ce qui ne lui en laisse que onze pour garder la Manche. Mais, entre-temps, avec la menace des troupes autrichiennes et russes, aux frontières de l'est, les trois corps d'armée de Napoléon Ier, sans nouvelle de leur flotte, quittent le Camp de Boulogne le 26 août, et entament la grande marche vers l'est qui les mène vers Austerlitz.

Horatio Nelson, revenu au Royaume-Uni après deux ans en mer, est chargé de commander cette nouvelle flotte. Retardé par les réparations du HMS Victory, il ne prend la mer que le 15 septembre et ne rejoint sa flotte que le 29. Il ne place devant Cadix qu'une flottille de frégates sous les ordres du capitaine Henry Blackwood. Ses navires de ligne eux, attendent, hors de vue, à environ 50 miles de là. Il doit détacher six d'entre eux du 2 au 15 octobre, pour aller chercher du ravitaillement à Gibraltar; de plus, le HMS Prince of Wales a quitté la flotte pour ramener Calder au Royaume-Uni, où il doit répondre de son manque d'audace du 23 juillet.

L'amiral Villeneuve, de son côté, semble peu enclin à quitter Cadix : ses capitaines s'y opposent et il craint Nelson. Il a reçu des ordres de l'amiral Decrès, commandant la flotte française, de revenir en Méditerranée, mais seule l'annonce de l'arrivée de son remplaçant, le vice-amiral François Rosily, à Madrid, le 18 octobre, ajoutée au rapport de ses espions signalant six vaisseaux britanniques à Gibraltar, le décide. Le 20 octobre, soudainement partisan du départ, il quitte le port après une rapide préparation de ses navires, et formé en trois colonnes, se dirige sur le Détroit de Gibraltar. Le soir même, l'Achille signale dix-huit navires britanniques à leur poursuite dans le nord-est. Durant la nuit, Villeneuve décide de former sa flotte sur une ligne et de se préparer au combat.


Un message célèbre.

" England expects that every man will do his duty".

Horatio Nelson élabora un message destiné à galvaniser ses hommes, juste avant la bataille, il fit hisser par pavillons le message « England expects that every man will do his duty » (« L'Angleterre attend de chacun qu'il fasse son devoir »). Suite au résultat de la bataille, cette phrase restera célèbre dans le vocabulaire anglo-saxon.


                                          La bataille.

Les deux colonnes britanniques (en rouge) cassent la colonne Franco-Espagnole à angle droit.

La victoire de l'amiral Nelson tient à sa manœuvre, consistant en un renversement de la tactique habituelle de combat en mer. Au XVIIIe siècle, lorsque deux flottes s'affrontaient, elles se disposaient en deux longues files perpendiculaires au vent (d'où le terme de vaisseau de ligne), et naviguaient l'une vers l'autre. Elles remontaient toutes deux lentement le vent et en se croisant, elles se canonnaient. Les deux flottes faisaient généralement demi-tour pour un deuxième passage face à face. La victoire tenait surtout au nombre de canons disponibles, à la rapidité de manœuvre des équipages et à la coordination entre les différentes unités de la flotte.

 

 

À Trafalgar, Nelson se trouvait face à une flotte franco-espagnole très inférieure qualitativement à la sienne, tant en matériel qu'en équipage. Les vaisseaux espagnols étaient anciens et fragiles, les vaisseaux français cependant plus homogènes possédaient souvent des équipages trop peu entraînés. La flotte anglaise est au contraire de très bonne qualité. Les équipages sont très entraînés et possèdent un moral très élevé. Sans équivalent dans la flotte franco-espagnole, les vaisseaux de la Royal Navy disposent de très gros canons, appelés caronades, de faible portée mais faciles à utiliser, qui peuvent cribler de mitraille les équipages adverses à courte distance. Cette arme va montrer sa très grande efficacité durant la bataille. De plus leurs sept vaisseaux à trois ponts offrent une puissance de feu très importante. Les quatre vaisseaux à trois ponts espagnols ne peuvent rivaliser. En revanche, on relève dans la flotte française plusieurs vaisseaux à quatre-vingts canons dont le poids de la bordée égalait voire dépassait celles des plus gros vaisseaux britanniques. Nelson décida alors, se trouvant pourtant en infériorité numérique, de bousculer les habitudes.

 

  Au lieu d'orienter sa flotte perpendiculairement au vent, il la place vent arrière, ce qui lui donne beaucoup de vitesse (rendant aussi les coups au but plus difficiles, Nelson mise aussi sur une variable relativement aléatoire : ses marins aguerris aux joutes navales face à des Français et Espagnols moyennement talentueux au tir de précision et au rechargement), et dispose ses navires sur deux files côte à côte. Ces deux files forment une épée qui transperce la flotte Franco-Espagnole. Celle menée par Nelson coupe la ligne adverse à angle droit un peu en avant de son milieu et empêche l'avant-garde de secourir le reste de la flotte franco-espagnole. Celle dirigée par Collingwood submerge l'arrière-garde. Après avoir durement touché l'adversaire en coupant sa ligne, la flotte de Nelson écrase méthodiquement les vaisseaux désorganisés du centre et de l'arrière des Franco-Espagnols. Cette tactique entrainait un inconvénient : avant de pouvoir transpercer les lignes franco-espagnoles, les navires de têtes anglais étaient canonnés sans pouvoir riposter. Cependant, Nelson compta sur la lenteur et la médiocre précision de tir des canonniers français et espagnols. Dès que l'ennemi fut à portée, la meilleure qualité de tir de ses propres canonniers et l'adresse de ses équipages permit de renverser l'infériorité numérique relative. Les lignes désorganisées et prises en tenaille par les Anglais, il ne fut donc plus difficile pour Nelson d'anéantir les navires ennemis.

  

Les conséquences :

Les Français et les Espagnols perdent au total 23 navires, 4400 marins tués ou noyés, 2500 blessés et plus de 7000 prisonniers. Nelson est mort ainsi que 448 autres marins britanniques mais la victoire des Anglais est totale. Plusieurs vaisseaux sont cependant très fortement endommagés (dont le Victory et le Royal Sovereign).

Cette rencontre n'eut pas d'effet majeur sur la stratégie terrestre puisque Napoléon Bonaparte avait déjà abandonné son projet d'envahir l'Angleterre à la mi-août 1805 pour porter ses efforts sur l'Europe continentale. Mais par leur victoire maritime, les Anglais confirmèrent définitivement leur suprématie sur les mers. Si, dès avant la bataille, le risque d'une invasion était déjà levé, il disparut totalement à sa suite, la marine française n'osant jamais plus affronter les escadres britanniques en mer. Politiquement aussi, les résultats de Trafalgar ne doivent pas être sous-estimés, constituant bientôt tant en Europe continentale qu'au Royaume-Uni un contrepoids moral aux victoires terrestres de la Grande Armée.

A plus long terme, cette bataille va contribuer à la création d'un mythe, la bataille navale décisive sauvant le Royaume-Uni. Pendant la Première Guerre Mondiale, la bataille du Jutland, et ses résultats mitigés, susciteront une vive controverse, cette bataille entre dreadnoughts étant appréciée à la lumière de la victoire de Nelson.

Le Victory, le vaisseau amiral de Nelson, est conservé de nos jours comme une relique. Il fait cependant toujours officiellement partie de la Royal Navy.

Anecdotes :

Statue de l’amiral Nelson à Montréal, devant la Mairie. Selon certaines sources, les ordres venant de terre lui auraient ordonné face à la coalition de battre en retraite, mais il aurait alors placé sa lunette sur son œil borgne et aurait répondu à ses hommes « Je ne vois pas le message » (I don’t see the message). Selon différentes sources, il aurait demandé à un officier nommé Hardy de l’embrasser (Kiss me, Hardy), juste avant de mourir. Selon d’autres sources, ses derniers mots auraient été : « À boire ! ». La deuxième statue en son honneur, en importance, est à Montréal, au Québec, alors qu’il n’a jamais posé le pied au Canada.

 


 

 

Le HMS Victory contre des navires de ligne français


Britannique:

BateauCanonsCapitaineMortsBlessés
Colonne Weather
Victory 100 Vice-Amiral Lord Nelson
Thomas Masterman Hardy
57(dont Nelson) 102
Téméraire 98 Eliab Harvey 47 76
Neptune 98 Thomas Francis Fremantle 10 34
Leviathan 74 Henry William Bayntun 4 22
Conqueror 74 Israel Pellew 3 9
Britannia 100 Rear-Admiral William Carnegie, the Earl of Northesk
Charles Bullen
10 42
Spartiate 74 Sir Francis Laforey 3 20
Minotaur 74 Charles John Moore Mansfield 3 22
Ajax 74 Lieutenant John Pilford (acting captain) 2 9
Agamemnon 64 Sir Edward Berry 2 8
Orion 74 Edward Codrington 1 23
Africa 64 Henry Digby 18 44
Colonne Lee
Royal Sovereign 100 Vice-Amiral Cuthbert Collingwood
Edward Rotheram
47 94
Belleisle 74 William Hargood 33 93
Mars 74 George Duff 29 69
Tonnant 80 Charles Tyler 26 50
Bellerophon 74 John Cooke 27 133
Colossus 74 James Nicoll Morris 40 160
Achille 74 Richard King 13 59
Defence 74 George Johnstone Hope 7 29
Defiance 74 Philip Charles Durham 17 53
Prince 98 Richard Grindall    
Dreadnought 98 John Conn 7 26
Revenge 74 Robert Moorsom 28 51
Swiftsure 74 William George Rutherford 9 8
Thunderer 74 Lieutenant John Stockham (acting captain) 4 12
Polyphemus 64 Robert Redmill 2 4

Flotte attachée

BateauClasseCanonsCapitaine
Euryalus Frégate 36 Hon. Henry Blackwood
Naiad Frégate 10 Thomas Dundas
Phoebe Frégate 50 Hon. Thomas Bladen Capel
Sirius Frégate 36 William Prowse
Pickle Goélette 10 Lieutenant John Richards La Penotière
Entreprenante Cotre 8 Lieutenant Robert Benjamin Young

Franco-Espagnol

VaisseauxCanonsCapitainePaysPertesIssue de la bataille
Neptuno 80 Cayetano Valdés y Flores Espagne 73 Capturé repris le 23/10 puis coule
Scipion 74 Charles Berrenger France   Pris le 3/11
Intrépide 74 Louis-Antoine-Cyprien Infernet France >320 Capturé puis coulé par les Britanniques
Formidable 80 Pierre-Etienne-René-Marie Dumanoir Le Pelley
Jean-Marie Letellier
France   Pris le 3/11
Duguay-Trouin 74 Claude Touffet France   Pris le 3/11
Mont-Blanc 74 Guillaume-Jean-Noël Lavillegris France   Pris le 3/11
Rayo 100 Enrique MacDonnell Espagne 18 Fait naufrage le 26/10
San Francisco de Asís 74 Luis de Flores Espagne ? Fait naufrage le 24/10
Héros. 74 Jean-Baptiste-Joseph-René Poulain France ? Regagne Cadix
San Agustín 74 Felipe Jado Cajigal Espagne 380 Capturé
Santísima Trinidad 136 Contre-Amiral Báltasar Hidalgo de Cisneros
Francisco de Uriarte y Borja
 
Espagne >300 Capturé puis fait naufrage le 24/10
Bucentaure 80 Vice-Amiral Pierre-Charles-Jean-Baptiste-Silvestre de Villeneuve
Jean-Jacques Magendie
France 450 Capturé.

 

   A voir aussi.

 

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Commentaires (1)

1. seotons 31/01/2011

Tombé par hasard, j'aime bien ce blog :)

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Date de dernière mise à jour : 05/11/2011

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